Le Mincom veut redonner de l’oxygène à la presse privée camerounaise

La 7e session de la Commission nationale d’appui institutionnel à la presse privée s’est ouverte dans la salle de conférences du ministère de la Communication à Yaoundé, sous la présidence du professeur Félix Zogo, secrétaire général dudit ministère, représentant le ministre René Emmanuel Sadi. Cet événement réunit les acteurs majeurs de la presse privée, les représentants des institutions publiques, ainsi que les partenaires techniques et financiers du secteur.
Dans son allocution d’ouverture, le Pr Zogo a dressé un constat lucide : la presse privée camerounaise traverse une phase économiquement difficile, marquée par la baisse des revenus publicitaires, la mutation numérique, la cherté des intrants de production et un environnement médiatique de plus en plus concurrentiel. « La situation financière de nombreux organes de presse reste préoccupante. Il est urgent de repenser les mécanismes de soutien pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la société », a-t-il déclaré.
Cette rencontre intervient dans un contexte où plusieurs médias privés, imprimés ou audiovisuels, peinent à maintenir leurs activités, faute de ressources suffisantes. Pour le ministère de la Communication, il devient essentiel de renforcer l’appui institutionnel de l’État afin d’assurer la pérennité du pluralisme médiatique et de préserver la liberté d’informer au Cameroun.
Les travaux de cette 7e session visent à évaluer l’impact des subventions publiques déjà octroyées à la presse privée et à proposer des réformes concrètes pour améliorer leur distribution et leur efficacité. L’enjeu est de garantir que cet appui financier profite réellement aux organes de presse actifs, crédibles et respectueux de la déontologie journalistique.
Le Pr Félix Zogo a rappelé que la Commission nationale d’appui institutionnel à la presse privée joue un rôle crucial dans la promotion du professionnalisme journalistique, la formation des acteurs, et le soutien à l’innovation médiatique. Le ministère de la Communication s’engage, selon lui, à moderniser les instruments de régulation, à encourager la transition numérique et à appuyer les initiatives locales en matière de presse en ligne.
Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de bâtir un écosystème médiatique plus résilient et transparent, capable d’accompagner les grands chantiers de développement national. L’appui à la presse privée s’inscrit dans une vision plus large de bonne gouvernance de l’information, fondée sur la responsabilité sociale, la véracité des faits et le respect de l’éthique professionnelle.
Dans un environnement marqué par la prolifération des fake news et la montée des réseaux sociaux, cette démarche vise aussi à restaurer la crédibilité du journalisme traditionnel et à offrir au public une information fiable, équilibrée et de qualité.
En soutenant les médias privés, le ministère de la Communication entend préserver la vitalité démocratique du pays et renforcer le rôle de la presse comme pilier de la cohésion nationale et du débat public éclairé.
Patrick Tchounjo



