Fridolin Nke : “Ils sont en train de fabriquer des preuves pour mettre les gens en prison”

Un cri de ras-le-bol sur la scène politique camerounaise
L’universitaire et enseignant de philosophie Dr Fridolin Nke a exprimé, ce dimanche 26 octobre 2025, son indignation face à la situation politique actuelle au Cameroun. Invité de l’émission Club d’Élites sur Vision 4, il a tenu des propos particulièrement tranchés à l’endroit du pouvoir, dénonçant ce qu’il qualifie de « fabrication de preuves » contre certains citoyens.
“Je vois ce qu’ils sont en train de faire”
Le philosophe n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le climat politique du pays s’est détérioré au point de rendre impossible la poursuite d’un mandat dans la manipulation et la répression. « Ils sont en train de fabriquer des preuves pour mettre les gens en prison », a-t-il déclaré, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Tout en rappelant avoir, par le passé, soutenu le président Paul Biya, Fridolin Nke a estimé que la situation actuelle exige un sursaut de lucidité et de responsabilité. « On a soutenu le président Biya, mais si ça continue, quand le Sud, nous le Grand Sud, on va dire niet, moi-même je serai le premier à prendre les directives », a-t-il averti sur le plateau de Vision 4.
Un discours qui réveille les tensions politiques
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations post-électorales et des discours de plus en plus polarisés. Les propos de Fridolin Nke ont immédiatement suscité des réactions sur les réseaux sociaux, certains saluant son courage, d’autres y voyant une prise de position risquée face au pouvoir.
L’enseignant de philosophie, connu pour ses analyses critiques et son franc-parler, s’inscrit une nouvelle fois dans la lignée des intellectuels camerounais qui appellent à une transformation profonde du système politique et à une gouvernance plus transparente.
Un climat de méfiance et d’incertitude
Le message du Dr Nke résonne dans une opinion publique déjà fragilisée par les tensions post-électorales, les arrestations politiques et la méfiance croissante envers les institutions. Pour beaucoup, sa prise de parole traduit le malaise d’une partie de l’élite intellectuelle du pays face à ce qu’elle perçoit comme un verrouillage du débat démocratique.
La réaction des autorités à ces accusations n’a pas encore été rendue publique. Mais cette déclaration, diffusée sur une chaîne nationale, pourrait rouvrir le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité politique et la place des intellectuels dans la vie publique camerounaise.
Patrick Tchounjo



