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Transport d’électricité au Cameroun : Yaoundé ouvre le réseau aux capitaux privés, sur fond de limites de la Sonatrel

Le Cameroun ouvre le transport d’électricité aux capitaux privés pour moderniser le réseau et dépasser les limites de la Sonatrel.

Contexte : pourquoi ouvrir le transport d’électricité aux capitaux privés ?

Le gouvernement valide une inflexion majeure : associer des capitaux privés, sous régulation publique, pour financer et exploiter des ouvrages de transport d’électricité. L’objectif est de résorber les goulets d’étranglement du réseau haute et très haute tension, améliorer la qualité de service et convertir les gains de production en kilowattheures utiles pour l’industrie et les ménages.

Enjeux : moderniser un réseau sous tension et fiabiliser l’acheminement

La montée des capacités de production et la croissance de la demande urbaine mettent en évidence un maillon critique : l’évacuation et l’acheminement de l’énergie. Sans lignes et postes modernisés, les pertes techniques et les congestions compromettent la compétitivité des entreprises et la continuité de service chez les particuliers.

Sonatrel : des progrès réels, mais des limites structurelles

La Sonatrel a repris le rôle de transporteur et la facturation d’acheminement. Toutefois, l’ampleur des investissements, le renouvellement d’ouvrages et le besoin d’expertises pointues en planification exigent de nouvelles sources de financement, des outils contractuels modernes et une exécution accélérée des projets stratégiques.

Le modèle cible : co-investissement sous régulation (PPP, concession, affermage)

L’ouverture n’est pas un désengagement de l’État. Elle s’appuie sur des contrats de partenariat qui répartissent clairement les risques de construction, disponibilité et performance. L’État garde la main sur la planification, la tarification transparente et l’accès non discriminatoire au réseau, tandis que les opérateurs privés apportent capitaux, technologies et pratiques de maintenance avancée.

Bénéfices attendus : fiabilité, compétitivité et bancabilité des projets

L’association public-privé doit permettre d’accélérer la mise en service de postes 225/400 kV, d’installer des systèmes de conduite modernes et de renforcer les interconnexions régionales. Les grands consommateurs industriels peuvent bénéficier d’accords d’accès direct à la haute tension, améliorant la qualité de l’alimentation et la productivité.

Gouvernance : les garde-fous qui sécurisent l’ouverture

La réussite dépend d’une gouvernance lisible : régulation indépendante, publication des méthodologies tarifaires, indicateurs de performance des opérateurs et mécanismes de contrôle. Une contractualisation rigoureuse protège les finances publiques et assure la soutenabilité des tarifs.

Impact consommateur : des gains progressifs, mesurables et durables

À court terme, l’objectif est une baisse graduelle des délestages et une tension plus stable sur les corridors industriels. À moyen terme, la combinaison production fiable + transport renforcé + distribution modernisée conditionne l’export d’électricité dans la CEMAC et la réussite des interconnexions.

Patrick Tchounjo

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