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Consty EKA s’en est allé : hommage à un “faiseur” qui a mis l’Afrique à l’antenne

Il y a des noms qui ne sont pas juste des noms. Ce sont des époques. Des voix. Des réflexes.
Consty EKA, c’était ça : un homme qui ne se contentait pas de parler dans un micro… il fabriquait la scène, il organisait le bruit, il met­tait la lumière là où l’Afrique voulait se regarder autrement.

Ce lundi soir, la nouvelle de son décès a circulé puis s’est imposée comme une réalité dure, sèche, impossible à “dé-buzzer”. Et d’un coup, Abidjan, Douala, Paris, Libreville (toute cette Afrique médiatique qu’il a traversée) ont eu la même réaction : silence… puis choc.

Un roi sans couronne… mais avec une empreinte

Consty EKA a longtemps été présenté comme un monument des médias et de la communication. Pas seulement parce qu’il passait à la télé ou à la radio. Mais parce qu’il comprenait un truc que beaucoup découvrent trop tard :

Le média, ce n’est pas un décor. C’est un pouvoir.

Dans les années 80-90, il fait entendre sa voix sur les ondes, puis participe au décollage de Fréquence 2 au début des années 90, dans une Côte d’Ivoire en pleine effervescence FM.
Plus tard, il passe par la télévision, la production, l’événementiel… et laisse derrière lui ce parfum particulier des gens qui ont fait “l’école” sans écrire de manuel.

Le travailleur acharné (version vraie, pas version bio Instagram)

Dans une interview, il disait bosser environ 15 heures par jour. Pas pour faire joli. Pour dire : “Je suis un artisan, pas une star en location.”
Il racontait aussi ce moment de bascule : un événement annulé, des pertes financières, et cette sensation de partir “la mort dans l’âme” parce que les médias, chez nous, ce n’est pas toujours glamour : c’est souvent du combat.

Consty EKA, c’était cette génération qui a appris à tenir debout quand les projecteurs s’éteignent.

L’Afrique des médias lui doit des choses (même ceux qui ne l’avoueront pas)

Qu’on l’ait aimé ou pas, qu’on ait applaudi ou critiqué, il a participé à professionnaliser une idée simple :
l’Afrique peut produire du contenu, du vrai, du fort, du structuré et le vendre au monde sans baisser les yeux.

Des distinctions lui ont été remises ces dernières années à Abidjan, signe que le milieu reconnaissait la trajectoire, le volume, la longévité.

Et surtout, il a incarné une figure rare : le “faiseur”.
Celui qui n’attend pas qu’on l’invite. Il arrive, il propose, il impose un format, il crée un rendez-vous, puis il dit : “On tourne.”

Ce que sa disparition change (concrètement)

Soyons honnêtes : on est dans une époque où tout le monde “crée du contenu”.
Mais créer un média, c’est autre chose.

La disparition de Consty EKA rappelle brutalement que :

  • les bâtisseurs ne courent pas les rues ;
  • l’expérience, la discipline, le réseau… ça ne s’achète pas sur TikTok ;
  • et qu’en Afrique, on a encore trop tendance à célébrer les gens après.

Alors on fait quoi maintenant ? On attend le prochain drame pour écrire “légende” en commentaire ? Ou on apprend à honorer les vivants, à documenter nos pionniers, à transmettre ?

À sa famille, à ses proches : respect.

Dans ces moments-là, les mots sont petits. Même quand on est un média.
À sa famille, à ses enfants, à ses proches, à ceux qui ont travaillé avec lui, à ceux qu’il a formés, recadrés, boostés, parfois secoués : force à vous.

Et à Consty EKA, on dit ceci, simplement, sans folklore :

Tu as été une voix.
Mais surtout, tu as été une fabrique de voix.

Repose en paix, Consty.
L’antenne continue… mais elle sonnera différemment, maintenant.

Mérimé Wilson

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