Cameroun : Malachie Manaouda annonce la réorientation des fonds COVID pour renforcer le système de santé

Le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a annoncé une réaffectation stratégique des fonds COVID pour soutenir le renforcement du système sanitaire camerounais. Cette déclaration a été faite lors d’une audience accordée le 5 novembre 2025 à Jean-Robert Tsoye Nkono, Représentant Résident de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC), dans le cadre d’une rencontre de haut niveau consacrée à la coopération sanitaire et au financement des infrastructures publiques.
Une réorientation stratégique des financements
Selon le compte rendu officiel du ministère de la Santé publique (MINSANTÉ), les discussions ont porté sur le redéploiement des ressources initialement dédiées à la gestion de la pandémie de COVID-19. « Les fonds COVID serviront désormais à renforcer notre système de santé », a affirmé le ministre, estimant que l’heure est venue de capitaliser sur les investissements réalisés pendant la crise sanitaire pour consolider la résilience du secteur.
Cette réorientation vise notamment à améliorer les capacités hospitalières, moderniser les équipements médicaux et renforcer la formation du personnel de santé dans les régions où les infrastructures restent limitées. « La pandémie a révélé les forces et les faiblesses de notre système. Nous devons transformer cette expérience en levier de progrès », a souligné Malachie Manaouda.
La BDEAC, un partenaire clé du Cameroun
La rencontre entre le ministre et le représentant de la BDEAC s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre le Cameroun et l’institution régionale. La BDEAC, qui a accompagné plusieurs projets d’envergure dans le pays, entend poursuivre son appui à travers des financements ciblés pour la santé publique.
L’un des projets phares évoqués est celui de la Boucle du Dja, un vaste programme d’aménagement multisectoriel dans les régions de l’Est et du Sud. Le volet santé de ce projet prévoit la construction et la réhabilitation de structures sanitaires, l’équipement des hôpitaux de district et la mise en place de centres de santé modernes afin d’améliorer l’accès aux soins pour les populations rurales.
Vers un système de santé plus résilient
Pour Malachie Manaouda, cette nouvelle orientation des financements s’inscrit dans la vision du gouvernement camerounais d’un système de santé plus intégré, durable et équitable. Après les lourds investissements consentis pendant la période COVID, l’enjeu est désormais de transformer ces acquis en un socle durable de modernisation.
Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance hospitalière, de digitaliser la gestion sanitaire et d’accélérer la décentralisation des services de santé. Ces réformes visent à rapprocher les soins des populations, à améliorer la qualité de l’offre médicale et à réduire les inégalités territoriales.
Une coopération régionale porteuse d’avenir
La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale, basée à Brazzaville, multiplie les initiatives dans le domaine social et sanitaire dans la sous-région. Son partenariat avec le Cameroun s’inscrit dans la volonté de promouvoir un développement inclusif, où la santé devient un pilier de la croissance économique et du bien-être collectif.
À travers ce partenariat renouvelé, Yaoundé entend consolider son leadership sanitaire en Afrique centrale, en s’appuyant sur des institutions régionales fortes et sur des mécanismes de financement durables.
Une nouvelle étape pour la santé publique camerounaise
La réorientation des fonds COVID marque ainsi une nouvelle étape dans la politique sanitaire du Cameroun. Loin de tourner la page de la pandémie, le pays cherche à transformer l’héritage de cette crise mondiale en une opportunité de réforme structurelle.
« Notre objectif n’est pas seulement de guérir, mais de bâtir un système capable de prévenir, d’anticiper et de protéger », a déclaré Malachie Manaouda. Une vision qui s’inscrit dans la trajectoire d’un Cameroun en quête de résilience et d’autonomie sanitaire.
Patrick Tchounjo



