FECAVOLLEY : le silence de Bello Bourdane et de Mouelle Kombi fait éclater la colère des Lions du volley

Le calme apparent du volley-ball camerounais a volé en éclats. Les Lions indomptables de la sélection masculine montent au filet contre leur propre fédération. En cause, le non-paiement des primes de participation et de performance promises après la Coupe d’Afrique des Nations 2023 disputée au Caire. Un an après la compétition, la colère gronde et la patience des joueurs a atteint ses limites.
Une plainte qui expose le malaise d’une fédération en crise
Sous la houlette de leur capitaine Ahmed Awal Mbutgam, les volleyeurs camerounais ont officiellement saisi les autorités sportives et administratives. Dans une correspondance transmise à la fois au ministère des Sports et à la Fédération camerounaise de volley-ball (FECAVOLLEY), ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « gestion opaque et injuste » des fonds alloués à la sélection nationale.
Selon les plaignants, seule une prime de 500 euros , correspondant à la préparation du stage leur a été versée. Les autres primes, notamment celles de participation et de classement final, promises par le vice-président de la FECAVOLLEY, Dr Elias Matip, n’ont jamais été honorées. Cette situation, vécue comme une trahison, alimente un sentiment d’injustice et de mépris au sein du groupe.
Le mutisme de Bello Bourdane et de Mouelle Kombi sous le feu des critiques
Ce qui choque davantage les joueurs, c’est le silence prolongé du président Bello Bourdane, pourtant directement interpellé dans la plainte, ainsi que celui du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, garant institutionnel du bon fonctionnement des fédérations. Aucun des deux n’a, pour l’instant, officiellement réagi à la grogne des athlètes.
Pour les observateurs, ce mutisme est perçu comme un désaveu moral pour des joueurs qui, malgré un contexte difficile, ont défendu les couleurs du Cameroun avec courage et discipline. « Nous avons honoré la nation sur le terrain, mais la fédération nous humilie en refusant de respecter ses engagements », déplore un membre de l’équipe sous couvert d’anonymat.
Une gestion financière à la transparence contestée
Au-delà de la simple question des primes, c’est toute la gouvernance de la FECAVOLLEY qui est remise en question. Depuis plusieurs années, la fédération est régulièrement citée pour ses tensions internes, ses crises de leadership et des soupçons de mauvaise gestion des fonds publics.
Le non-paiement des primes vient ainsi raviver le débat sur la reddition des comptes au sein des fédérations sportives camerounaises, un sujet récurrent qui fragilise l’image du sport national.
Les joueurs exigent une réponse claire
Dans leur correspondance, les Lions du volley réclament non seulement le paiement intégral de leurs primes, mais aussi une enquête administrative sur la gestion financière de la FECAVOLLEY après la CAN 2023. Ils estiment que l’argent destiné à motiver les athlètes aurait été utilisé à d’autres fins sans justification.
Face à cette fronde, plusieurs voix au sein du milieu sportif appellent à une médiation directe du ministère des Sports, avant que la situation ne dégénère davantage. Certains redoutent même une crise de confiance durable entre les joueurs et leur fédération, susceptible d’affecter la préparation des prochaines compétitions internationales.
Un malaise symptomatique du sport camerounais
Ce nouvel épisode au sein de la FECAVOLLEY illustre un mal structurel qui gangrène de nombreuses fédérations camerounaises : opacité budgétaire, conflits internes, et marginalisation des athlètes au profit d’intérêts administratifs.
Dans un contexte où le Cameroun aspire à redorer son blason sportif, cette affaire renvoie une image de désordre institutionnel et de malaise social profond.
Pour beaucoup, la balle est désormais dans le camp de Mouelle Kombi, qui devra arbitrer entre loyauté institutionnelle et justice sportive. Une réponse rapide et transparente pourrait non seulement apaiser les tensions, mais aussi restaurer la confiance entre les joueurs et leur encadrement.
Patrick Tchounjo



