CAN 2025 : liste des dix joueurs les plus attendus

Il y a des Coupes d’Afrique qui se gagnent à la patience, comme on serre un match entre les dents. Et il y a celles qui s’ouvrent d’un seul coup, sur une accélération, un duel arraché, un ballon gratté au milieu, un silence soudain dans le stade juste avant l’explosion. La CAN 2025 au Maroc sera de celles-là : un tournoi d’instants, de nerfs, de gestes qui valent plus qu’un plan de jeu.
Dans ce Maroc d’hiver, entre Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès, la célébrité ne suffit plus. On attend autre chose : des hommes capables d’imposer leur loi quand la rencontre se fige, quand les jambes se durcissent, quand l’équipe regarde vers son leader comme on cherche une sortie.
Voici 10 joueurs qui arrivent avec ce poids-là.
Achraf Hakimi (Maroc), la flèche qui met le feu au décor

Un pays hôte a toujours un dilemme : jouer porté par la foule, ou jouer écrasé par elle. Hakimi, lui, ne se contente pas de participer à l’ambiance, il la fabrique. Sa course est une déclaration, sa projection une menace. Il ne “monte” pas : il déclenche. Dans un match verrouillé, il est souvent l’argument qui oblige l’adversaire à reculer d’un pas, puis d’un autre.
Mohamed Salah (Égypte), l’assurance-vie des matchs tordus

La CAN adore les rencontres où rien ne se passe… jusqu’au moment où tout arrive. Salah est conçu pour ces minutes-là. Quand le match devient une négociation âpre, il reste celui qui peut transformer une demi-chance en but entier. On ne l’attend pas seulement pour marquer : on l’attend pour calmer son camp, pour faire croire qu’un chemin existe, même quand la porte semble fermée.
Riyad Mahrez (Algérie), l’artisan des secondes qui comptent

La CAN ne récompense pas seulement les sprinteurs. Elle couronne aussi les horlogers. Mahrez est de ceux-là : il ralentit quand tout s’énerve, il attire quand l’adversaire s’impatiente, puis il trouve l’angle, le vrai, celui qui coupe un bloc en deux. Il a cette manière de donner l’impression que le match dort… alors qu’il prépare sa phrase finale.
Kalidou Koulibaly (Sénégal), la frontière

Les tournois se gagnent parfois devant. Mais ils se sécurisent derrière. Koulibaly, c’est la frontière : celle qui empêche l’équipe de sombrer dans le désordre. Dans une CAN, il y a toujours un moment où l’adversaire pousse, où la panique veut s’installer, où le stade devient un tambour. C’est là qu’on attend le patron : celui qui replace, qui parle, qui coupe, qui impose une forme de calme autoritaire.
Victor Osimhen (Nigeria), la verticalité à l’état brut

Osimhen, c’est une menace physique et mentale. Il ne joue pas seulement contre une défense : il joue contre son confort. Il oblige les centraux à choisir entre reculer et mourir, ou sortir et s’exposer. Sur un centre, un second ballon, un duel aérien, il peut arracher un match comme on arrache un butin. À la CAN, ce type de buteur est une monnaie rare : celle qui fait la différence quand les occasions se comptent sur les doigts.
Sadio Mané (Sénégal), l’autorité offensive

Mané ne se résume pas à un dribble ou à une frappe. Il porte un langage de compétition. Il est ce joueur qui rappelle à son équipe qu’une CAN ne se demande pas, elle se prend. Même quand il ne marque pas, il met de la pression : sur l’adversaire, sur la défense, sur le match. Il peut faire basculer une rencontre, oui, mais il peut aussi faire basculer un état d’esprit.
Bryan Mbeumo (Cameroun), la lame moderne

Le Cameroun arrive souvent avec une histoire de puissance et de caractère. Mbeumo, lui, ajoute la précision : la course juste, la décision rapide, le geste tranchant. On l’attend parce que la CAN moderne punit les équipes qui attaquent “à l’ancienne” sans lucidité. Lui peut offrir l’inverse : une attaque qui ne gaspille pas, une menace qui surgit là où l’adversaire ne l’attend plus.
Yves Bissouma (Mali), le match dans le match

Bissouma, c’est le thermomètre. Quand il est haut, le Mali respire. Quand il est bas, l’équipe subit. À la CAN, les milieux capables de gagner les duels sans se précipiter valent de l’or. Parce qu’ils contrôlent l’endroit le plus violent du terrain : celui où l’on perd le ballon, et donc celui où l’on concède les transitions. Bissouma, c’est la promesse d’un Mali difficile à faire reculer.
Franck Kessié (Côte d’Ivoire), la force tranquille

Il y a des joueurs qui brillent. Et il y a ceux qui imposent. Kessié appartient à la seconde famille. Son jeu parle une langue simple : impact, volume, présence. Dans un tournoi où les duels deviennent vite politiques, où chaque ballon est disputé comme un territoire, il donne à son équipe une densité précieuse. Il est le genre de joueur qui permet de passer un mauvais match… sans perdre.
Chancel Mbemba (RDC), le mur qui sait relancer

Mbemba n’est pas seulement un défenseur : il est un organisateur. Il coupe, commande, puis relance. Et dans une CAN, cette capacité à transformer une action défensive en sortie propre peut faire gagner une compétition. Quand les erreurs individuelles coûtent immédiatement un but, on attend ceux qui réduisent le risque… et qui savent aussi lancer l’attaque, sans trembler.
Ce que la CAN 2025 va vraiment trier
On peut empiler les noms, rêver d’affiches, imaginer des duels. Mais la CAN juge autre chose : la capacité à rester grand quand le match devient petit. À répéter l’effort. À répondre après une erreur. À supporter le bruit.
Patrick Tchounjo



