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Recettes publiques : les douanes visent 104,4 milliards FCFA en octobre 2025

L’administration des douanes s’est fixé un objectif de 104,4 milliards FCFA pour le mois d’octobre. Cette cible place la collecte au cœur de la fin d’exercice budgétaire avec un enjeu double : soutenir la trésorerie de l’État et maintenir un signal de prévisibilité envoyé aux opérateurs économiques.

La performance attendue repose sur la fluidité du dédouanement aux postes frontaliers, dans les ports et les aéroports. La disponibilité des systèmes d’information, l’anticipation documentaire par les commissionnaires, la réduction des temps d’attente et l’usage de contrôles non intrusifs doivent permettre de convertir l’intensité des flux en recettes nettes.

Le rendement fiscal proviendra d’un mix associant droits de douane, TVA à l’importation, accises et redevances. L’enjeu n’est pas seulement le volume des importations. L’administration vise l’élargissement de l’assiette et la réduction des pertes liées aux sous-évaluations, aux fausses déclarations d’espèce ou d’origine et aux détournements de procédures. L’extension du contrôle a posteriori, le ciblage fondé sur l’analyse de risque et la dématérialisation des paiements figurent parmi les leviers prioritaires.

Le contexte conjoncturel rend la cible ambitieuse mais réalisable si la chaîne logistique demeure fluide. Les variations de change, les coûts de fret, la congestion ponctuelle aux terminaux et les indisponibilités techniques peuvent perturber la courbe de collecte. Le pilotage opérationnel s’appuie sur un suivi en temps réel des indicateurs clés, notamment les délais moyens de mainlevée, la répartition des contrôles, le taux de contestations, le panier moyen par déclaration et la part des paiements électroniques.

L’intégrité de la procédure reste déterminante pour la confiance. La consolidation des contrôles internes, la rotation des équipes exposées et la traçabilité des opérations sont présentées comme des garde-fous. Les entreprises sont incitées à déposer des dossiers complets, à utiliser les régimes économiques de manière conforme et à recourir aux canaux dématérialisés pour lisser les pics d’activité.

La dimension régionale s’invite dans la stratégie. L’administration affirme concilier recouvrement et compétitivité frontalière dans le cadre des engagements tarifaires et de la ZLECAf. Le guichet unique, l’harmonisation des procédures et la reconnaissance mutuelle des opérateurs économiques agréés sont mis en avant pour renforcer la prévisibilité sans affaiblir la recette.

L’atteinte de 104,4 milliards FCFA suppose une orchestration serrée. Un pilotage quotidien par poste, une résolution rapide des incidents, une coordination constante avec les acteurs portuaires et aéroportuaires et une application disciplinée des valeurs de référence doivent sécuriser la trajectoire. Au-delà du montant, la qualité du dispositif, mesurée par les délais, l’intégrité et la sécurité de la chaîne logistique, conditionnera la solidité des recettes et la confiance des opérateurs au dernier trimestre.

Patrick Tchounjo

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