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Moustik le Karismatik attaque le ministre de la Culture : “Le MINAC est inutile”

Au Cameroun, on a deux sports nationaux : le football… et le “coup de gueule” sur Facebook. Cette semaine, c’est Moustik le Karismatik qui sort le micro (et le couteau-beurre bien aiguisé) pour s’attaquer au ministre des Arts et de la Culture.

Son message est simple, brutal, sans emballage cadeau : pour lui, le ministère de la Culture serait “inutile”, absent du terrain, incapable d’accompagner les artistes et trop souvent associé à des histoires de “tchoko” et de financements “fictifs”. Ambiance.

“Le ministère le plus inutile” : Moustik vide son sac (et il n’a pas pris de gants)

Dans une série de publications, l’humoriste affirme que le problème n’est pas seulement l’argent, mais la vision, et surtout… les gens au mauvais endroit.

Il lâche même une comparaison qui pique : selon lui, rencontrer le ministre serait “pire que le PRC” (vous voyez le genre de parcours du combattant). Et il cite le cas de Marco Singer, qu’il dit “exploité” sur plusieurs éditions du FENAC, mais qui galérerait aujourd’hui à organiser ses 30 ans de carrière, faute de soutien institutionnel.

Le ton est clair : ce n’est pas une plainte timide. C’est une mise en accusation publique.

“Je m’apprête pour le SED” : la phrase qui a fait tousser tout le monde

Là où ça devient encore plus électrique, c’est quand Moustik glisse : “Je m’apprête pour le SED.”

Petit rappel pour situer : au Cameroun, le SED renvoie au Secrétariat d’État à la Défense, un service rattaché à la gendarmerie et souvent perçu comme un espace d’enquête très sensible.
Donc quand quelqu’un dit ça, même en mode image/ironie, ça crée un silence. Le genre de silence où même les rires deviennent prudents.

Le ministre de la Culture, c’est qui déjà ?

Actuellement, le ministère des Arts et de la Culture est dirigé par Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt.
Et c’est important de le préciser : Moustik ne critique pas “la culture en général”, il vise une institution précise et son leadership, avec une charge frontale sur l’efficacité, la proximité avec les artistes et la gouvernance.

Derrière le buzz, une vraie question : le MINAC sert à quoi, concrètement ?

On peut rire (un peu). On peut s’indigner (beaucoup). Mais au fond, Moustik met le doigt sur une question que beaucoup d’artistes murmurent depuis longtemps :

Qui accompagne réellement les créateurs au Cameroun ?
Quand un artiste veut structurer sa carrière, monter un spectacle, produire un film, exporter une tournée… il va où ? Il appelle qui ? Il remplit quel dossier qui ne finit pas au fond d’un tiroir “à Yaoundé” ?

Le ministère a officiellement pour mission de piloter la politique publique de promotion et de développement artistique et culturel.
La critique de Moustik, elle, dit l’inverse : sur le terrain, ça ne se voit pas.

Corruption, “tchoko”, financements “fictifs” : accusations explosives

Autre point ultra sensible : Moustik évoque des actes de corruption et un système où il faudrait “briller à l’international” pour qu’on te rappelle ensuite… juste pour la photo, le communiqué, et la récupération.

Est-ce prouvé ici ? Non, on n’a pas d’enquête judiciaire dans ce texte.
Mais est-ce que ça parle à beaucoup de gens ? Oui. Parce que cette sensation d’un État qui applaudit quand ça marche déjà… mais qui disparaît quand il faut construire, elle est tristement familière.

Ce que cette affaire change pour toi (même si tu n’es pas artiste)

Tu te dis peut-être : “Moi je vends au marché / je bosse au bureau / je suis étudiant, ça me concerne comment ?”

Ça te concerne parce que la culture, c’est une économie : concerts, humour, cinéma, mode, contenus digitaux, jobs techniques, sponsors, salles, tourisme, image du pays. Quand l’écosystème culturel est faible, c’est de l’argent et des opportunités qui disparaissent. Et quand les artistes se sentent abandonnés, ils finissent par :

partir,, se débrouiller seuls, ou faire du bruit… comme Moustik.

Et maintenant, on fait quoi ?

Deux scénarios :

Le classique camerounais : tout le monde débat 72 heures, puis on passe à autre chose, comme si rien ne s’était passé.

Le scénario utile : le ministère répond sur le fond, publie des actions concrètes, des mécanismes de soutien, des budgets lisibles, des programmes d’accompagnement clairs, et surtout… des résultats visibles.

    Parce que bon : “la culture du pays” ne peut pas être seulement un slogan de discours. Ça doit se sentir dans la vie réelle.

    La chute qui fâche (un peu)

    Quand un humoriste devient la voix la plus audible de la détresse des artistes, ce n’est pas juste un buzz.
    C’est peut-être le signe que la culture camerounaise avance… mais sans son ministère.

    Patrick Tchounjo

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