Infrastructures

Le Cameroun muscle ses Communes : 97 milliards FCFA de premiers engins de génie civil annoncés

Ça y est, le Cameroun s’apprête à voir débarquer quelque chose qu’on attend depuis longtemps dans les Communes : des engins, du lourd, du concret. Pas des promesses en conférence, pas des “on va voir”, mais des machines de génie civil et d’hydraulique financées à hauteur de 97,2 milliards FCFA, destinées à constituer le futur parc intercommunal piloté par le FEICOM. Selon les informations communiquées à l’issue de la 45e session extraordinaire du conseil d’administration du FEICOM tenue le 20 février 2026 à Yaoundé, les premiers équipements sont déjà en route vers le pays. Et si tout se déroule comme prévu, certaines mairies vont enfin pouvoir dire : “On va refaire cette route… et cette fois, ce n’est pas une blague.”

Des livraisons étalées, mais un calendrier annoncé noir sur blanc

D’après le communiqué final, le directeur général du FEICOM a précisé que 263 engins de dernière génération, d’un coût global de 48,2 milliards FCFA, sont attendus en plusieurs livraisons. Le document annonce une première cargaison de 40 équipements au Port de Douala au courant du mois d’avril. La deuxième livraison, beaucoup plus massive, porte sur 150 engins attendus en juillet. Une troisième, annoncée à 68 équipements, est prévue en août 2026. Enfin, une quatrième livraison composée de 05 concasseurs est annoncée pour juin 2027.

Dit comme ça, ça ressemble à un calendrier logistique. Mais pour les Communes, c’est surtout un calendrier d’espoir… et de pression. Parce qu’à partir du moment où les engins arrivent, il n’y a plus d’excuse : il faut travailler.

97,2 milliards FCFA : qui paye quoi, et pourquoi ça compte

Le projet repose sur un financement structuré autour d’emprunts internationaux et de contributions publiques locales. Le président de la République avait autorisé le ministre de l’Économie à contracter deux prêts cumulés de 55 milliards FCFA auprès de Standard Chartered Bank New York et de Private Export Funding Corporation. Le premier accord correspond à une facilité de crédit de 43,71 milliards FCFA, bénéficiant d’une garantie d’US Exim Bank. Le second porte sur 11,24 milliards FCFA sous forme de prêt commercial.

À ces ressources s’ajoutent 20,6 milliards FCFA mobilisés par le FEICOM et les collectivités territoriales, ainsi que 21,6 milliards FCFA provenant de l’État central. Total : 97,2 milliards FCFA.

Pourquoi c’est important ? Parce que ce montage financier dit une chose très simple : ce projet n’est pas un “cadeau”. C’est un investissement lourd, avec des engagements, des remboursements, des attentes. Donc la question derrière les bulldozers, c’est : est-ce qu’on va rentabiliser ça en routes, en drainage, en ouvrages utiles… ou en engins immobilisés qui rouillent au soleil ?

À l’origine : les Communes ont demandé… et le FEICOM a monté le dossier

Le programme trouve son origine dans une initiative de l’Association des Communes et villes unies du Cameroun, soutenue par le FEICOM, qui a préparé les dossiers soumis au Comité national de la dette publique conformément aux procédures en vigueur. Autrement dit, ce n’est pas tombé du ciel. Il y a eu une demande, une structuration, une validation. Le projet porte donc une promesse politique forte : celle d’une décentralisation qui n’est pas juste un discours, mais une capacité opérationnelle.

Et là, on touche un nerf sensible : au Cameroun, une Commune peut avoir la volonté, mais sans engins, elle reste dépendante. Pour niveler une route, curer un drain, gérer une urgence hydraulique, tout devient une course au prestataire… quand ce n’est pas une course au “grand frère”.

De quoi parle-t-on exactement : des engins, des stations de concassage et une nouvelle entreprise

Tel que décrit par l’institution, le dispositif comprend l’acquisition d’environ 270 engins de génie civil et équipements hydrauliques, fournis par l’entreprise américaine Hofmann Equipment. À cela s’ajoutent l’installation de cinq stations de concassage mobile, la formation du personnel technique et la création d’une société d’économie mixte chargée de gérer le parc.

Là encore, c’est du sérieux. Parce que le piège classique des grands achats publics, c’est d’acheter des engins sans prévoir la maintenance, les pièces, les conducteurs formés, le carburant, et la gestion transparente. Le projet tente d’y répondre en construisant une structure de gestion. La théorie est bonne. Le terrain, lui, va juger.

Cinq bases zonales pour éviter “tout à Yaoundé, rien ailleurs”

Le projet prévoit également la mise en place de cinq bases zonales réparties dans différentes zones agro-écologiques du pays, notamment à Tiko, Mfou, Mandjou, Koutaba et Maroua, afin de rapprocher les équipements des collectivités bénéficiaires.

Et ça, c’est peut-être la partie la plus stratégique. Parce que si les engins dorment à un seul endroit, on a juste créé un nouveau centre de pouvoir logistique. En les répartissant, on réduit les distances, on accélère l’intervention, et on donne une chance réelle aux Communes de répondre vite aux besoins : routes rurales, drainage, accès aux marchés, petits ouvrages hydrauliques, aménagements urbains.

Ce que ça change pour toi, concrètement

Si ce parc intercommunal est bien géré, il peut changer la vie de façon très simple. Des routes communales praticables, c’est moins de temps perdu, moins de panne, moins de produits agricoles qui pourrissent en route. Des drains curés, c’est moins d’inondations. Des ouvrages hydrauliques mieux réalisés, c’est moins de pénuries et moins de bricolage.

Mais si ça tourne mal, on connaît la chanson : engins bloqués, favoritisme dans l’attribution, factures de maintenance qui s’envolent, pièces introuvables, et au final… les Communes reviennent au point de départ, sauf que cette fois, le pays aura dépensé 97,2 milliards FCFA pour apprendre une leçon qu’on connaissait déjà.

La question qui fâche : qui va contrôler l’usage de ces engins ?

Les engins arrivent. Très bien. Maintenant, la vraie bataille commence : celle de la gouvernance. Qui décide quelle Commune est servie en premier ? Sur quels critères ? À quel tarif ? Avec quelle transparence ? Et comment éviter que ces machines deviennent une arme politique ou un privilège réservé aux “bien connectés” ?

Parce qu’au Cameroun, on ne manque pas de projets. On manque souvent de suivi.

La décentralisation passe au test du béton

Le Cameroun va accueillir les premiers engins financés à 97,2 milliards FCFA destinés aux Communes, et c’est une annonce qui peut devenir historique si elle se traduit en réalisations visibles. Les livraisons annoncées dès avril au Port de Douala donnent un signal clair : le temps des dossiers touche à sa fin, le temps du terrain commence.

La décentralisation, ce n’est pas un slogan. C’est une route qu’on peut emprunter. Et bientôt, on saura si ces engins vont construire le Cameroun… ou juste remplir des communiqués.

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Patrick Tchounjo

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