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Hortavie Mpondo : portrait d’une étoile discrète devenue icône du 7ᵉ art camerounais

Une enfance studieuse et un parcours atypique

Née le 27 juin 1992 à Limbe, dans la région du Sud‑Ouest du Cameroun, Hortavie Lydie Sengue Mpondo grandit dans un environnement où les métiers artistiques ne sont pas valorisés. Après avoir décroché son baccalauréat au collège Sonara, elle déménage à Douala en 2010 pour étudier la biochimie à l’Université de Douala. Ses parents ne voient pas d’un bon œil son attrait pour la scène, estimant que les artistes sont des personnes peu instruites. Ce contexte familial l’incite à suivre une voie universitaire tout en conservant une passion naissante pour l’expression artistique. Elle prouve par la suite qu’il est possible de concilier un solide bagage scientifique et une carrière dans la création visuelle.

Des podiums à la lumière des projecteurs

Avant de se lancer dans le cinéma, Hortavie Mpondo fait ses premiers pas publics dans le mannequinat. Elle devient notamment l’égérie de la marque BoldMakeUp, prête son image au groupe bancaire BGFI Bank et est représentée un temps par l’agence Niki Heat Model Management. En 2017, elle participe au Déidoboy Fashion Day organisé au collège Alfred Saker à Douala, un événement de mode où sa silhouette élancée et sa prestance attirent l’attention. Sa visibilité croissante lui ouvre des portes, et le milieu du cinéma camerounais la repère comme un nouveau visage prometteur.

Une actrice qui se construit rôle après rôle

Hortavie Mpondo commence sa carrière d’actrice en 2017 avec le long métrage Le Cœur d’Adzaï réalisé par Stéphane Jung et Sergio Marcello, dans lequel elle joue Amanda. La même année, elle est à l’affiche de Le Prince de Genève, puis enchaîne avec des courts métrages comme Elles en 2018, où elle incarne Samira, une jeune fille victime de violences domestiques, et The Solo Girl en 2019, un rôle qu’elle décrit comme le plus difficile de sa carrière. En 2019, elle interprète Rose Young dans la comédie romantique Coup de foudre à Yaoundé.

Sa percée intervient véritablement à la télévision, avec la série Otage d’amour (2018‑2020) où elle joue Sylvie, puis surtout avec Madame…Monsieur, à partir de 2020, où son personnage d’Alice Mbarga lui vaut une reconnaissance nationale et régionale. Ce rôle, qu’elle reprend lors des saisons 2 et 3, témoigne de sa capacité à incarner des personnages complexes et à porter une série à succès. Elle diversifie ensuite son jeu dans la série La nouvelle épouse (2021) en incarnant Mwana, et participe à des productions comme Rêve Brisé (2020), PND (Père Non Déterminé) (2021) et Sadrack (2023) en interprétant des rôles variés.

Une reconnaissance continentale

Le travail et la persévérance d’Hortavie Mpondo sont récompensés sur la scène internationale. En novembre 2025, la 10ᵉ édition des Sotigui Awards à Ouagadougou lui décerne le Sotigui du public africain pour sa performance dans la série Révélations scandaleuses d’Ebenezer Kepombia. Ce prix, décerné par le vote du public, consacre sa popularité sur le continent et son impact auprès des fans de séries africaines. L’actrice est également reconnue pour son naturel et sa polyvalence, ce qui lui permet de naviguer avec aisance entre le cinéma et la télévision.

Engagements et influences au‑delà des écrans

En parallèle de sa carrière d’actrice, Hortavie Mpondo continue de s’impliquer dans l’univers de la mode et de la beauté. Elle est ambassadrice de la marque de cosmétiques Teint d’Afrique, une entreprise camerounaise spécialisée dans les produits destinés aux peaux africaines. Sa visibilité contribue à promouvoir une image positive de la beauté noire et à encourager l’acceptation de la diversité.

Loin de se limiter à la sphère artistique, elle milite également pour des causes sociales. Sensible aux questions d’inclusion, elle participe à des initiatives en faveur des enfants démunis et des enfants albinos, cherchant à utiliser sa notoriété pour lever des fonds et sensibiliser le public à ces réalités. Sur les réseaux sociaux, où elle partage un contenu varié mêlant humour, mode, art et réflexions personnelles, elle soutient la lutte contre les violences sexistes et a exprimé sa solidarité avec le mouvement Me Too.

Sa vie privée suscite l’intérêt de ses millions de fans. En mai 2024, elle annonce sa grossesse sur ses réseaux sociaux, créant l’effervescence. Cette communication maîtrisée montre sa capacité à gérer son image et à transformer des moments personnels en occasions de mobilisation et d’échanges avec sa communauté.

La force tranquille du 7ᵉ art camerounais

À 33 ans, Hortavie Mpondo s’impose comme l’une des figures emblématiques du cinéma camerounais. Son parcours, marqué par un mélange inédit de rigueur scientifique et de créativité artistique, symbolise la diversité des chemins menant au succès dans les industries culturelles africaines.

De Limbe aux podiums de la mode, des plateaux de tournage de Douala aux scènes internationales, elle incarne une génération d’artistes qui brisent les stéréotypes et construisent leur renommée par la résilience et l’excellence. En conjuguant sa passion pour le cinéma, son engagement social et sa présence numérique, Hortavie Mpondo inspire des milliers de jeunes femmes africaines à poursuivre leurs rêves, quelles que soient les barrières culturelles ou sociales.

Son trophée du Sotigui du public africain obtenu en 2025 consacre une carrière sans tapage mais en constante progression. Il rappelle qu’une étoile discrète peut devenir une icône du 7ᵉ art, dès lors qu’elle conjugue talent, travail et engagement.

Patrick Tchounjo

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