Emy Dany Bassong : portrait d’une pionnaire du cinéma camerounais

Dans un paysage audiovisuel camerounais où la frontière entre web-séries et télévision s’estompe à grande vitesse, Emy Dany Bassong souvent recherchée sous “Dany Bassong” s’est imposée comme l’un des visages qui incarnent le mieux cette bascule. Actrice, mais aussi scénariste, productrice et femme d’affaire selon plusieurs fiches de référence, elle a gagné sa visibilité en ligne avant d’être propulsée au rang de figure populaire grâce à Madame… Monsieur, série devenue un marqueur de la fiction camerounaise récente.
Son parcours raconte une réalité contemporaine : le web peut être une rampe de lancement, mais la durée se construit par le travail, des rôles tenus, et une capacité à transformer l’attention du public en trajectoire solide.
Identité, enfance : une histoire de résilience avant la lumière
Née le 4 janvier 1991 dans la ville de Yaoundé et connue à l’état civil sous le nom d’Émilienne Danielle Ngo Bassong, Emy Dany Bassong est présentée comme d’ethnie Babimbi. Plusieurs sources biographiques indiquent aussi qu’elle perd son père alors qu’elle est encore enfant, et qu’elle est élevée par sa mère, un point souvent évoqué pour comprendre la dureté et la détermination qui transparaissent ensuite dans sa carrière.
Débuts précoces : “Le Choix”, puis le silence
Emy Dany Bassong fait partie de ces talents entrés très tôt dans le jeu : elle est créditée d’une première apparition à l’écran en 2004 dans Le Choix du réalisateur Ghislain Towa.
Mais l’histoire n’est pas celle d’une ascension continue. Selon des récits biographiques, elle marque une pause après ses premiers pas, avant un retour plus tardif, une trajectoire faite de ruptures, fréquente dans un secteur où les conditions de production et la stabilité des carrières restent fragiles.
Le tournant “web” : Pakgne et la reprise d’une carrière
Le retour s’opère par un canal devenu décisif au Cameroun : YouTube et la web-fiction. Emy Dany Bassong réapparaît en 2017 dans la web-série Pakgne (Salem Kedy), citée par plusieurs sources comme un jalon de sa relance professionnelle.
Cette période correspond aussi, selon certains portraits, à une phase de réorganisation personnelle liée à la maternité et à une pause au milieu des années 2010 (les sources divergent sur l’année exacte). Plutôt que de figer une date, un fait demeure : elle revient et accélère, enchaînant projets, collaborations et visibilité.
“Écrire pour exister” : Ma Destinée devient Les Tchakaï
Dans l’écosystème web, l’acteur qui dure est souvent celui qui ne se limite pas à jouer. Emy Dany Bassong passe à l’étape supérieure en écrivant et portant une web-série d’abord intitulée Ma Destinée, rebaptisée ensuite Les Tchakaï, un projet fréquemment décrit comme celui qui “marque les esprits” et installe son nom dans l’imaginaire des internautes.
Sur les bases de données et plateformes culturelles, elle est associée à ce rôle et à ce surnom populaire lié au personnage Ngo Bikaï, qui a contribué à sa notoriété en ligne.
Écrans Noirs : le moment où la trajectoire devient “cinéma”
Le Festival Écrans Noirs joue un rôle de validation symbolique : c’est un espace où l’on mesure la capacité d’un talent à exister au-delà de l’algorithme. La presse cite sa présence à l’édition 2020 avec plusieurs œuvres projetées dont Pakgne, Enterrés, 2 Avril et Samba le Général, entre autres.
Que certaines sources parlent de “quatre” œuvres et d’autres de “six” projections, le signal est identique : elle sort du cadre purement web et apparaît comme une actrice installée dans un circuit professionnel plus large.
La révélation grand public : Sophie Ewané dans Madame… Monsieur
Si Les Tchakaï forge la popularité digitale, c’est Madame… Monsieur qui transforme la comédienne en figure grand public. Dans cette série d’Ebenezer Kepombia, Emy Dany Bassong incarne Sophie, personnage central qui lui offre un registre émotionnel plus dramatique et une exposition massive.
La série devient aussi un phénomène de conversation : scènes reprises, réactions du public, citations qui circulent. Pour l’actrice, c’est une étape stratégique : être identifiée par un rôle-pivot, celui qui vous suit parfois toute une carrière mais qui vous place définitivement sur la carte.
Distinctions : la double validation Canal 2’Or et Sotigui Awards
La reconnaissance ne vient pas seulement des audiences : elle est aussi institutionnelle.
Canal 2’Or 2021 : meilleure comédienne (série TV)
Emy Dany Bassong est annoncée lauréate au Canal 2’Or (Acte 13) dans la catégorie Meilleure comédienne, pour son rôle de Sophie dans Madame Monsieur.
Sotigui Awards 2021 : meilleure interprétation féminine (série TV africaine)
La même année, la presse camerounaise rapporte qu’elle remporte, à Ouagadougou, le prix de la meilleure interprétation féminine lors de la 6e édition des Sotigui Awards, tandis que Rigobert Tamwa est aussi récompensé côté masculin.
Avant ces trophées, elle figurait déjà parmi les nominées de la saison des récompenses, notamment aux Canal 2’Or et aux Sotigui, preuve qu’elle était identifiée par le milieu comme l’une des performances marquantes du moment.
Au-delà des plateaux : engagement social et image publique
La figure médiatique ne s’arrête pas à l’écran. Emy Dany Bassong a aussi lancé une initiative sociale, la Fondation Emy Dany Bassong, présentée comme dédiée à l’espoir et à l’accompagnement des mères célibataires (sensibilisation, appui, actions sociales).
Entrepreneuriat : propriétaire de African Grill et de African Food
C’est ici qu’un autre volet de son image publique prend de l’épaisseur : la restauration. Plusieurs sources associent l’actrice à des établissements sous la marque “By Emy”.
Des annuaires et articles indiquent notamment que African Grill By Emy est son deuxième restaurant aprèsDany Bassong (Emy Dany Bassong) : portrait d’une actrice camerounaise du web et du cinéma African Food by Emy., et la présentent comme propriétaire de ces enseignes.
Patrick Tchounjo



