Douala : quatre morts et plusieurs blessés dans des affrontements, le gouverneur du Littoral dénonce des actes prémédités

Douala, la capitale économique du Cameroun, a été secouée par une flambée de violence ce dimanche 26 octobre 2025. Quatre personnes ont perdu la vie et plusieurs membres des forces de sécurité ont été blessés lors d’affrontements dans plusieurs quartiers de la ville. Ces incidents graves surviennent dans un climat politique tendu, alors que le pays attend la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle.
Selon les premiers éléments, les violences auraient éclaté dans les quartiers de Bépanda, Akwa-Nord et Bonabéri. Des groupes de jeunes, visiblement galvanisés par la contestation électorale, ont érigé des barricades, brûlé des pneus et affronté les forces de l’ordre à coups de pierres et de projectiles. Plusieurs commerces ont été vandalisés et des véhicules incendiés avant que les forces de sécurité n’interviennent pour disperser les attroupements et rétablir l’ordre.
Le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a immédiatement condamné ces actes, les qualifiant de prémédités et délibérément orchestrés pour semer le chaos. Il a dénoncé ce qu’il appelle « l’appel irresponsable d’un candidat à l’élection présidentielle qui s’est auto-proclamé élu », ajoutant que ces comportements mettent en danger la cohésion sociale et la stabilité nationale. Pour lui, ces violences ne relèvent pas de la simple expression politique, mais d’une volonté manifeste de troubler l’ordre public.
Les autorités locales affirment que les forces de sécurité ont réagi avec professionnalisme pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Plusieurs unités spéciales ont été déployées dans les zones les plus touchées pour sécuriser les axes stratégiques et apaiser les tensions. En fin de soirée, un calme précaire régnait dans la ville, même si les habitants restaient sur leurs gardes. Les blessés ont été pris en charge dans différents hôpitaux et des enquêtes ont été ouvertes pour identifier les responsables.
Ces affrontements rappellent la fragilité du climat post-électoral dans le pays. Douala, métropole bouillonnante et carrefour économique majeur, joue souvent un rôle de baromètre politique. Chaque tension qui y éclate résonne à travers tout le territoire. C’est pourquoi les autorités régionales appellent à la responsabilité, à la retenue et au respect du cadre institutionnel. Le gouverneur a exhorté les citoyens à rester vigilants et à ne pas céder aux manipulations d’acteurs politiques cherchant à troubler la paix publique.
De nombreux leaders religieux, associatifs et économiques ont également lancé des appels à la paix. Ils invitent les Camerounais à la prudence et à la patience, rappelant que le pays a besoin d’un climat de sérénité pour continuer à avancer. Des associations de jeunesse ont condamné les violences et appelé les jeunes à s’éloigner de tout mouvement de rue susceptible de dégénérer.
La Commission électorale poursuit encore le dépouillement et la consolidation des résultats. Le Conseil constitutionnel devrait, dans les prochains jours, proclamer officiellement le vainqueur du scrutin présidentiel. En attendant, le gouvernement a renforcé la présence sécuritaire dans les grandes villes, notamment à Douala et Yaoundé, pour prévenir tout débordement.
Au-delà des violences, ce drame soulève une question plus profonde : celle de la maturité démocratique du pays et de la capacité des institutions à préserver la paix. Le Cameroun a toujours su éviter les dérives majeures grâce à la résilience de son peuple et à la prééminence du dialogue. C’est dans cette même logique que les acteurs politiques sont appelés à faire preuve de responsabilité. La paix reste le socle de toute construction nationale et la condition sine qua non du développement économique.
Douala panse encore ses plaies, mais la ville entend rester debout. La population aspire au retour de la sérénité et à la reprise normale des activités. Dans les rues, le mot d’ordre est clair : pas de haine, pas de division. Le Cameroun doit continuer à avancer dans la paix et l’unité.
Patrick Tchounjo



