CAF : sanctions officielles après la finale Maroc–Sénégal, la décision est tombée

La CAN 2025 s’est terminée sur un sacre, mais aussi sur une image que la Confédération africaine de football ne veut plus revoir : une finale qui bascule dans la confusion, des joueurs qui quittent le terrain en signe de protestation, des officiels pris à partie, des tribunes sous tension, et une VAR devenue l’épicentre d’une scène surréaliste.
Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, la CAF a fini par trancher : suspensions, lourdes amendes, et rejet de la réclamation marocaine. Un verdict attendu comme une sentence, parce que derrière ce dossier, il y a une question plus grande que le Sénégal et le Maroc : jusqu’où le football africain peut-il aller… sans se perdre ?
Une finale “rocambolesque” qui a obligé la CAF à frapper fort
Rappel des faits : le 18 janvier 2026 à Rabat, le Sénégal bat le Maroc 1-0 après prolongation. Mais la fin du temps réglementaire explose : un penalty accordé au Maroc après intervention de la VAR provoque une tempête. Les Sénégalais quittent momentanément la pelouse pour protester, puis reviennent pour terminer le match ; le penalty est manqué, et la rencontre se poursuit dans une tension maximale.
Dès le lendemain, la CAF condamne officiellement des comportements jugés “inacceptables” et annonce l’ouverture de procédures disciplinaires.
Sénégal : l’amende la plus lourde… mais des suspensions ciblées
Pape Thiaw : 5 matches de suspension + 100 000 dollars d’amende
C’était le point le plus scruté. Le sélectionneur du Sénégal Pape Thiaw écope de cinq matches de suspension en compétitions CAF, plus 100 000 dollars d’amende, pour comportement antisportif et atteinte à l’image du football, selon les formulations reprises par plusieurs médias.
Ndiaye et Sarr : 2 matches chacun
Les joueurs Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr sont suspendus deux matches pour leur comportement envers l’arbitre.
La Fédération sénégalaise lourdement sanctionnée : 615 000 dollars
C’est là que la CAF “tape” le plus fort : la Fédération sénégalaise est sanctionnée d’un total de 615 000 dollars (environ 513 000 euros), au titre notamment des incidents et du comportement des supporters et de l’équipe, selon les détails rapportés.
Maroc : sanctions sportives, financières… et un dossier VAR qui laisse des traces
Hakimi et Saibari suspendus (et Saibari aussi sanctionné financièrement)
Côté marocain, la CAF sanctionne également des comportements jugés antisportifs :
- Achraf Hakimi : deux matches, dont un ferme (l’autre avec sursis)
- Ismaël Saibari : trois matches + 100 000 dollars d’amende, dans un épisode devenu viral autour de la “serviette” du gardien.
FRMF : 315 000 dollars d’amende (ramasseurs, VAR, lasers)
La Fédération royale marocaine de football écope d’une amende totale de 315 000 dollars pour plusieurs volets : comportement des ramasseurs de balle, envahissement/pression autour de la zone VAR, et usage de lasers en tribunes.
Et surtout : la CAF rejette la réclamation du Maroc
Le Maroc espérait obtenir gain de cause sur le fond du dossier (notamment la séquence de retrait temporaire des Sénégalais). La CAF rejette la réclamation : la finale n’est pas annulée, pas de “tapis vert”.
Pourquoi ces sanctions comptent plus qu’un simple communiqué
Parce que la CAF ne sanctionne pas seulement des individus : elle protège une marque.
La CAN est devenue un produit mondial, surveillé, comparé, jugé. Quand une finale se transforme en crise, protestations, tensions, images de confusion, ce n’est pas juste “un fait de match”. C’est une question de crédibilité : arbitrage, sécurité, gouvernance, capacité à gérer la pression dans les grands rendez-vous.
Patrick Tchounjo



