Douala : fin du benskine ninja, chasuble obligatoire !

À Douala, le benskine entre dans l’ère du “badge et uniforme”
Douala, ville où tu peux commander un mototaxi plus vite que ton repas. Sauf que depuis quelque temps, entre vrais conducteurs et faux “benskine” déguisés, l’usager ne sait plus toujours qui est qui. Résultat : la mairie sort le sifflet.
Dans un communiqué daté du 26 janvier 2026, le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, rappelle que le port de la chasuble d’identification n’est plus une recommandation : c’est une obligation légale pour les mototaximen. Objectif officiel : réguler, assainir et professionnaliser le secteur, tout en facilitant l’identification des conducteurs par les usagers et les forces de contrôle.
Une chasuble homologuée, un numéro unique : “tu es enregistré ou tu n’es pas dedans”
Le principe est simple. Chaque mototaximan enrôlé reçoit une chasuble homologuée par la Communauté urbaine de Douala (CUD), avec un numéro unique d’identification. Une sorte de carte d’identité version tissu.
Problème : malgré tout, plusieurs conducteurs continuent de rouler sans chasuble. Et la mairie dit clairement : “ça suffit.” Cette fois, on ne veut plus voir des mototaxis qui circulent en mode ninja, surtout dans les zones où la régulation est stricte.

Sanctions : l’amende d’abord, la fourrière ensuite… et si tu forces, tu pleures
Là où ça devient sérieux, c’est que la mairie ne parle pas seulement d’ordre. Elle parle de conséquences.
Selon Roger Mbassa Ndine, tout manquement expose le contrevenant à des sanctions graduées : amende administrative, immobilisation immédiate de la moto, mise en fourrière, et saisie en cas de récidive ou de refus d’obtempérer, sans oublier que d’autres sanctions peuvent s’ajouter selon la réglementation.
Traduction quartier : tu peux économiser l’argent de la chasuble aujourd’hui, mais demain tu vas payer “frais de fourrière + stress + palabre.”
Akwa et Bali : sans chasuble, tu ne passes pas
Autre précision importante : seuls les conducteurs portant les chasubles homologuées sont autorisés à circuler dans les zones réglementées, notamment Akwa et Bali. En clair, si tu veux bosser dans les zones où “ça tourne bien”, il faudra être identifié. Le benskine anonyme, lui, va commencer à se sentir étranger dans sa propre ville.
La chasuble, ce n’est pas que pour l’administration : c’est aussi pour la sécurité
La mairie insiste sur un point sensible : l’identification n’est pas seulement un outil de contrôle, c’est aussi un outil de prévention.
Dans une ville où les agressions à moto sont fréquentes, l’objectif est de limiter l’usurpation. Parce que oui, certains malfaiteurs se font passer pour des mototaximen “normaux”. Et quand tout le monde ressemble à tout le monde, le danger se promène tranquillement.
Avec la chasuble et le numéro, on veut rendre les faux conducteurs plus visibles, et permettre aux usagers de mieux choisir.
Assainissement : Douala veut aussi soigner son image
Ce durcissement vise aussi l’attractivité urbaine. La mairie veut réduire le désordre, limiter certains comportements à risque et donner une image plus “organisée” de la mobilité en ville. Parce que quand une ville est perçue comme incontrôlable, même les investisseurs regardent ça de travers.
10 000 enregistrés sur 20 000 attendus : le chantier est à mi-chemin
Depuis le lancement de l’enrôlement en juillet 2024, la municipalité indique que 10 000 mototaximen sur les 20 000 attendus avaient été enregistrés (chacun avec une chasuble et un numéro unique) en janvier 2025.
Et le 30 janvier 2026, de nouveaux conducteurs ont été équipés, signe selon la mairie qu’on entre dans une phase d’application effective de la réglementation. En clair : on ne fait plus seulement la sensibilisation, on commence l’exécution.
Le message aux usagers : “prenez seulement ceux qui sont identifiés”
La mairie appelle enfin les habitants à limiter leur exposition au risque : n’emprunter que les conducteurs identifiés, enrôlés et connus de la ville. Là encore, c’est une manière de dire : l’effort doit être collectif. Si les usagers continuent de monter sur n’importe quelle moto “parce que c’est rapide”, le système ne tiendra pas.
La chasuble devient le passeport du benskine
Douala veut mettre fin au mototaxi “fantôme”. Avec la chasuble obligatoire, la ville veut professionnaliser, sécuriser, assainir. Maintenant, tout le monde attend la même chose : une application cohérente, équitable, et surtout utile sur le terrain.
Patrick Tchounjo


