Condamné pour avoir dénoncé la torture : le cas Abdu Karim Ali indigne les ONG
Le procès d’un militant pour la paix ravive le débat sur la justice militaire au Cameroun.
Au Cameroun, la justice militaire vient de prononcer une peine de prison à vie contre Abdu Karim Ali, militant pour la paix originaire du Nord‑Ouest. Il avait été arrêté après avoir dénoncé des actes de torture commis par des milices et se retrouve jugé par un tribunal militaire. Selon Amnesty International, cette condamnation est une « affront aux principes de justice » et viole les normes internationales, car des civils ne devraient pas être jugés par des tribunaux militaires.
Détenu depuis plus de deux ans sans accès adéquat à un avocat, l’activiste symbolise les limites de l’État de droit au Cameroun. Les organisations de défense des droits humains rappellent que la Constitution garantit la liberté d’expression et que la loi doit protéger ceux qui dénoncent les abus. En outre, la région anglophone reste en proie à un conflit séparatiste, où les arrestations arbitraires alimentent un climat de peur. La société civile et les partenaires internationaux multiplient les appels pour sa libération et pour une réforme en profondeur de la justice militaire.
Au‑delà de l’affaire, c’est la question du droit à un procès équitable qui est posée. Les prochaines élections présidentielles auront lieu en octobre 2025 et la crédibilité du scrutin dépendra aussi du respect des libertés fondamentales. Une justice indépendante et transparente est le socle d’une démocratie apaisée.
Jackson O


