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Cameroun : Cavaye Yéguié Djibril plaide pour un budget 2026 à la hauteur du septennat des « Grandes Espérances »

Le Parlement camerounais a officiellement ouvert ce 3 novembre 2025 sa session budgétaire consacrée à l’examen du projet de loi de finances 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes économiques et sociales. À la tribune de l’hémicycle, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, a appelé le gouvernement à présenter un budget « réaliste et conforme aux orientations du chef de l’État », tout en soulignant la portée politique de l’exercice : « Le budget 2026 sera le tout premier du septennat des Grandes Espérances, politique annoncée par le président Paul Biya pour son nouveau mandat », a-t-il déclaré.

Cette session, qui s’ouvre sur fond de ralentissement économique global et de pressions budgétaires internes, doit servir à redéfinir les priorités de la dépense publique. Pour Cavaye Yéguié Djibril, l’enjeu est clair : faire du budget 2026 un outil de relance, de cohérence politique et de consolidation institutionnelle.

Un budget politique et symbolique

Ce projet de loi de finances revêt une dimension stratégique particulière. Il s’agit du premier budget du nouveau septennat présidentiel, placé sous le signe des Grandes Espérances, une vision politique censée traduire la volonté de moderniser l’économie camerounaise, d’accroître l’inclusion sociale et de renforcer la gouvernance publique. En invitant l’exécutif à la rigueur et à la cohérence, Cavaye Yéguié Djibril positionne l’Assemblée nationale comme gardienne de la discipline budgétaire et intermédiaire entre l’ambition politique et la réalité économique.

« Ce budget doit être un instrument qui permette au président Paul Biya de démarrer son nouveau mandat en toute sérénité », a martelé le président de la Chambre. Son discours, prononcé dans un ton à la fois institutionnel et solennel, souligne la volonté du législatif de soutenir la stabilité politique tout en exigeant plus d’efficacité dans l’exécution des politiques publiques.

Des défis budgétaires majeurs à l’horizon

L’élaboration du budget 2026 intervient dans un contexte macroéconomique contrasté. Le Cameroun maintient une croissance modérée de 3,9 %, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), mais subit les effets d’une baisse continue de la production pétrolière, d’une pression inflationniste persistante et de besoins sociaux croissants.

Face à ces défis, la question centrale sera de savoir comment concilier discipline financière et stimulation de la demande intérieure. Le budget 2026 devra également tenir compte des engagements pris avec le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre du programme économique et financier en cours. Ces accords imposent une maîtrise du déficit, une mobilisation accrue des recettes fiscales et une rationalisation des dépenses publiques, tout en préservant les investissements structurants.

Selon des sources proches du ministère des Finances, les grandes lignes du projet de loi de finances s’articuleront autour de trois axes : le financement des grands projets d’infrastructure, la promotion de l’emploi des jeunes et la consolidation de la gouvernance budgétaire.

L’équilibre entre ambition et réalisme

Pour Cavaye Yéguié Djibril, l’examen du budget ne doit pas être un simple exercice comptable, mais un moment de réflexion stratégique sur la trajectoire du pays. Il a insisté sur la nécessité d’un budget « à la fois ambitieux et pragmatique », capable d’intégrer les impératifs de modernisation et de justice sociale.

L’appel du président de l’Assemblée à un budget aligné sur le septennat des Grandes Espérances traduit une volonté d’unité institutionnelle autour des objectifs présidentiels. Mais il traduit aussi une attente forte : celle de voir le gouvernement traduire la vision politique en actions concrètes et mesurables.

« Le Cameroun a besoin d’un budget qui parle aux citoyens, qui crée des emplois, qui soutient la jeunesse et qui protège les plus vulnérables », confie un économiste proche du dossier. « Il ne suffit pas de planifier, il faut exécuter avec discipline et transparence. »

Un Parlement au centre du jeu politique

L’ouverture de cette session budgétaire conforte également la position de l’Assemblée nationale comme acteur central du processus de gouvernance. Sous la houlette de Cavaye Yéguié Djibril, doyen de la classe politique camerounaise et figure institutionnelle depuis plus de 30 ans, la Chambre basse s’impose comme un espace de validation politique des orientations gouvernementales.

Mais au-delà du protocole, la session de novembre constitue aussi un test de cohérence pour la majorité présidentielle et pour la nouvelle équipe gouvernementale. Les débats autour du budget permettront de jauger la capacité du gouvernement à articuler sa vision politique avec la rigueur économique, dans un contexte de pression populaire accrue.

Un signal pour les partenaires internationaux

À l’heure où le Cameroun négocie de nouveaux appuis financiers, notamment auprès du FMI, de la Banque mondiale et de la BAD, l’adoption d’un budget crédible et aligné sur les réformes structurelles sera un signal fort de stabilité. La cohérence entre la planification budgétaire et la stratégie de développement national constituera un gage de confiance pour les investisseurs.

En plaçant cette session sous le signe du réalisme et de la discipline, Cavaye Yéguié Djibril rappelle que la réussite du septennat des Grandes Espérances ne dépendra pas uniquement des discours politiques, mais de la qualité de la mise en œuvre budgétaire.

Le budget 2026, premier du nouveau mandat présidentiel, apparaît ainsi comme un baromètre de la crédibilité économique et politique du Cameroun. Dans un environnement régional instable, il pourrait bien devenir le véritable test de la promesse d’un Cameroun « en marche vers la prospérité partagée ».

Patrick Tchounjo

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