CAN 2025 : Salah qualifie l’Égypte, le Maroc freinée, la journée des penalties

Vendredi 26 décembre 2025 a eu des airs de journée-charnière à la CAN au Maroc : quatre matchs, deux groupes, et une même impression qui colle à la peau des tournois africains. Quand les jambes se crispent, ce sont souvent les nerfs, la VAR… et le point de penalty qui racontent l’histoire.
Dans le groupe B, l’Égypte a validé son statut de machine à survivre. Dans le groupe A, le Maroc a découvert ce que tout favori apprend tôt ou tard : il ne suffit pas d’être attendu, il faut aussi être tranchant.
Angola–Zimbabwe (1–1) : un nul qui entretient l’attente
Angola a cru lancer sa compétition quand Gelson Dala a ouvert le score (24e). Mais le Zimbabwe a répondu avec la patience des équipes qui refusent de couler : Knowledge Musona a égalisé au bout du temps additionnel de la première période (45e+6). Un partage des points qui laisse les deux sélections dans une zone inconfortable : pas battues, mais pas vraiment relancées non plus.
Égypte–Afrique du Sud (1–0) : Salah, puis la résistance à dix
Dans l’autre match du groupe B, l’Égypte a gagné “à la CAN”, c’est-à-dire dans le registre de la gestion froide. Mohamed Salah transforme un penalty (45e) et, quelques instants plus tard, les Pharaons se retrouvent à dix après l’expulsion de Mohamed Hany (45e+3). Le reste est un exercice de contrôle : reculer sans paniquer, défendre sans se désunir, et laisser le temps jouer pour soi. Résultat : une victoire qui propulse l’Égypte en phase à élimination directe, la première qualifiée du tournoi.
Zambie–Comores (0–0) : match fermé, enjeu intact
À Casablanca, la Zambie et les Comores se sont neutralisées dans un match sans but mais pas sans tension. Le scénario ressemble à ces rencontres de phase de groupes où personne ne veut donner le premier cadeau. Au classement, ce point peut compter : il garde encore des portes entrouvertes, mais il oblige surtout à aller chercher une réponse nette au prochain match.
Maroc–Mali (1–1) : VAR, penalties, et fin d’une série
Le sommet du soir, à Rabat, a confirmé une vérité : un favori peut dominer sans tuer. Le Maroc ouvre le score sur penalty par Brahim Díaz dans le temps additionnel de la première période, après intervention de la VAR. Le Mali répond sur penalty à son tour, transformé par Lassine Sinayoko (64e), là encore après une séquence arbitrale revue. Le nul met fin à la série de 19 victoires consécutives des Lions de l’Atlas et laisse le groupe A très ouvert derrière eux. Au classement, le Maroc reste en tête avec 4 points, devant Mali et Zambie (2), tandis que les Comores suivent avec 1 point.
Au fond, cette journée a dessiné deux CAN en une. Celle des équipes qui savent survivre (l’Égypte), et celle des équipes qui doivent apprendre à transformer leur statut en efficacité (le Maroc). Dans un tournoi où tout se joue parfois sur une main, une faute, un instant, le plus dur n’est pas d’être favori : c’est de le prouver chaque soir.
Patrick Tchounjo



