Polémique sur la nouvelle carte nationale d’identité : un obstacle au droit de vote ?
La biométrie chère et les longs délais d’enrôlement inquiètent les députés et les électeurs.
Lancée en février 2025, la nouvelle carte nationale d’identité biométrique devait moderniser l’état civil. Mais au Parlement, les députés d’opposition dénoncent un système trop coûteux et complexe. Adamou Koupit et Evaristus Njong ont révélé que l’inscription en ligne et la capture biométrique coûtent environ 20 000 FCFA, une somme prohibitive pour de nombreux Camerounais. Ils évoquent des files d’attente interminables et une procédure qui exclut les zones rurales, faute de connectivité.
Selon leurs témoignages, les centres d’enrôlement sont saturés et la production des cartes tarde, entravant la préparation de l’élection présidentielle. La société Augentic, chargée du projet, promet l’ouverture de 68 nouveaux centres et la rénovation de 219 autres, mais les élus exigent la gratuité et la décentralisation du processus. Ils rappellent que des déplacés internes et des populations vulnérables risquent d’être privés de vote.
Cette controverse soulève des questions juridiques majeures : le droit à l’identité et le droit de suffrage sont des libertés constitutionnelles. Dans un contexte où la confiance envers l’administration électorale est fragile, une solution rapide est impérative. Certaines voix proposent de prolonger la validité des anciennes cartes ou d’instaurer une carte d’électeur distincte. Le gouvernement, qui justifie la biométrie par la lutte contre la fraude, est désormais sous pression pour trouver un compromis avant octobre.
Jackson O


