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Cameroun : Mounouna Foutsou mobilise la jeunesse autour du « Plan Spécial de Promotion de l’Emploi Jeunes » annoncé par Paul Biya

À peine trois jours après le discours de prestation de serment du président Paul Biya, le 6 novembre 2025, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, s’est adressé directement aux jeunes Camerounais. Sur les réseaux sociaux, il a lancé un appel participatif inédit : « Le Président Paul Biya a annoncé le Plan Spécial de Promotion de l’Emploi Jeunes. Le gouvernement doit déjà opérationnaliser ledit plan. Quelles sont vos attentes ? »

Ce message, simple en apparence, marque une volonté nouvelle d’inclure la jeunesse dans la co-construction des politiques publiques liées à l’emploi. Il traduit aussi l’urgence d’agir face à un contexte où le chômage et le sous-emploi des jeunes restent l’un des principaux défis économiques et sociaux du pays.

Un plan présidentiel au cœur du nouveau cycle économique

Lors de son discours d’investiture, le président Paul Biya a placé la question de l’emploi des jeunes au centre de son programme pour les années à venir. Le Plan Spécial de Promotion de l’Emploi Jeunes s’annonce comme une initiative d’envergure visant à stimuler la création d’emplois durables, soutenir l’entrepreneuriat local et renforcer les compétences professionnelles dans les secteurs porteurs.

Ce plan, selon plusieurs analystes, pourrait devenir un outil stratégique d’inclusion économique, à un moment où le Cameroun cherche à consolider sa croissance tout en l’adaptant aux transformations technologiques et démographiques. L’enjeu n’est pas seulement de créer des emplois, mais de repenser les conditions d’accès à l’emploi pour une jeunesse dynamique, instruite et de plus en plus connectée.

Une démarche participative et numérique

L’interpellation de Mounouna Foutsou s’inscrit dans une approche participative qui tranche avec les méthodes traditionnelles de communication gouvernementale. En sollicitant directement les jeunes via les réseaux sociaux, le ministre adopte une posture d’écoute et d’ouverture, alignée sur les codes de la génération numérique.

Ce dialogue interactif vise à recueillir des propositions concrètes, des attentes et des priorités exprimées par les jeunes eux-mêmes. Une manière de bâtir un plan d’action ancré dans la réalité des territoires, en s’appuyant sur les expériences locales : agriculture de nouvelle génération, économie numérique, innovation sociale, artisanat moderne ou encore emploi vert.

Pour beaucoup d’observateurs, cette méthode représente une rupture symbolique dans la manière d’élaborer les politiques publiques, donnant à la jeunesse un rôle actif plutôt que passif dans la mise en œuvre du plan présidentiel.

Un test politique et social pour le gouvernement

Le « Plan Spécial de Promotion de l’Emploi Jeunes » intervient à un moment charnière où les attentes sociales sont fortes. Le taux de chômage des jeunes, bien qu’en baisse selon les dernières données de l’Institut national de la statistique, reste préoccupant, notamment en milieu urbain.

Pour le gouvernement, réussir ce plan sera une preuve de crédibilité et d’efficacité. Il s’agira non seulement de financer des projets, mais surtout de créer des conditions favorables à la croissance inclusive : accompagnement technique, financement adapté, allègement des contraintes administratives et dynamisation des programmes d’insertion.

Mounouna Foutsou, en première ligne, porte ainsi une responsabilité stratégique : celle de transformer la promesse présidentielle en une politique concrète et mesurable. Son initiative de consultation directe peut servir de catalyseur pour une nouvelle forme de gouvernance participative entre l’État et sa jeunesse.

Vers une nouvelle génération de politiques de l’emploi au Cameroun

Le Plan Spécial de Promotion de l’Emploi Jeunes s’annonce comme une opportunité historique de refonder le rapport entre la jeunesse et l’État. Il s’inscrit dans une dynamique panafricaine où les pays cherchent à transformer leur dividende démographique en moteur de croissance durable.

En donnant la parole aux jeunes, le ministre Mounouna Foutsou envoie un message clair : la jeunesse n’est plus un simple bénéficiaire des politiques publiques, mais un acteur central du développement national.

Les prochains mois seront décisifs. Le succès du plan dépendra de la capacité du gouvernement à transformer cette écoute numérique en actions concrètes sur le terrain, capables d’offrir à la jeunesse camerounaise les moyens d’inventer son avenir.

Patrick Tchounjo

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