Cameroun : la chasse aux branchements illégaux démarre le 15 mars, alerte sur 60 milliards de pertes

Le gouvernement sort le sifflet, version “opération coup de poing”
Le Cameroun a trouvé une nouvelle façon de dire “ça suffit” : opération coup de poing. Cette fois, la cible, ce n’est pas le bruit sur Facebook. C’est le vol d’électricité. Et le message est clair : à partir du 15 mars 2026, l’État lance une traque nationale contre la fraude à l’énergie électrique.
C’est le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, qui l’annonce dans un communiqué signé le 5 février 2026. Objectif affiché : réduire les pertes commerciales et faire respecter la loi, dans un contexte dit post-renationalisation d’Eneo, le distributeur d’électricité au Cameroun.
60 milliards FCFA par an : le “courant gratuit” coûte très cher
Officiellement, la fraude électrique ferait perdre au Cameroun plus de 60 milliards de FCFA chaque année. Oui, 60 milliards. C’est le genre de chiffre qui te fait comprendre que le “je me branche juste un peu” est devenu une industrie.
Et ces pertes ne sont pas juste des chiffres pour les tableaux Excel. Elles réduisent la capacité d’investissement, ralentissent l’amélioration du service et fragilisent un secteur déjà sous tension financière.
Ce n’est pas seulement une histoire d’argent, c’est aussi une histoire de vie
Le ministre rappelle aussi un point que beaucoup oublient jusqu’au jour où ça arrive : la fraude est identifiée comme l’une des causes de multiples incendies et de cas d’électrocution. Là, on ne parle plus de facture. On parle de sécurité, de maisons qui partent en fumée, de drames évitables.
Donc oui, le “branchement sauvage” peut sembler “malin” sur le moment. Mais quand ça tourne mal, ce n’est plus malin du tout. C’est juste dangereux.
Le message aux clandestins : “régularisez avant qu’on vous régularise”
Le gouvernement ne fait pas semblant d’être doux : il invite tous les utilisateurs clandestins à régulariser immédiatement leurs compteurs et installations pour se conformer aux normes, afin d’éviter l’arsenal répressif qui accompagnera l’opération.
Traduction 237 : “Tu as encore le temps de te mettre en règle. Après, ne viens pas pleurer.”
Ce que ça change concrètement pour toi
Si tu es un client régulier qui paie ses factures en serrant les dents, tu vas dire : “Enfin.” Parce que oui, la fraude pèse sur le réseau, sur les finances, et sur la qualité du service.
Si tu es un “artiste du branchement” ou quelqu’un qui vit avec une installation bricolée, la période qui arrive va être chaude. Et même si tu n’es pas fraudeur, tu as intérêt à vérifier ton installation : parfois on n’est pas “coupable”, mais on a hérité d’un compteur et d’un câblage qui datent de l’époque où on branchait la télé sur le voisin.
Le vrai débat qui arrive : répression oui, mais service aussi
Cette opération tombe dans un moment sensible. Le pays veut assainir le secteur, récupérer des marges financières et améliorer la distribution. Mais les Camerounais, eux, vont poser une question simple : si on tape fort sur la fraude, est-ce que derrière on aura aussi un réseau plus stable, moins de coupures, une meilleure qualité de service ? C’est là que l’opération ne doit pas être juste un “coup”, mais un vrai tournant.
Conclusion : le 15 mars, le Cameroun appuie sur “reset”
Le 15 mars 2026, la traque démarre. Officiellement, c’est pour récupérer des milliards perdus, sécuriser les installations et remettre de l’ordre dans un secteur sous pression. En pratique, ça risque aussi de réveiller un vieux sport national : le “je me débrouille”.
Patrick Tchounjo



