BGFI Cameroun s’impose comme la banque de référence du financement énergétique au Cameroun

Le Cameroun franchit une étape décisive dans son ambition de renforcer sa souveraineté énergétique. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a confié à BGFI Cameroun, filiale du groupe bancaire gabonais BGFI Holding Corporation, le mandat de mobiliser 120 milliards FCFA destinés au financement de la construction d’une raffinerie pétrolière dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, au sud du pays.
Cette infrastructure stratégique, d’une capacité de traitement de 30 000 barils par jour, est portée par la société Cstar, un joint-venture réunissant la SNH, sa filiale Tradex – spécialisée dans la distribution des produits pétroliers et le soutage maritime – ainsi que le consortium émirati Ariana/RCG.
BGFI Cameroun, un partenaire financier stratégique pour l’industrie énergétique
La convention officialisant cette mission a été signée le 4 novembre 2025 entre les dirigeants de BGFI Cameroun et de Cstar, en présence de représentants du secteur bancaire et énergétique.
Selon des sources proches du dossier, la banque ne se limitera pas à la levée de fonds : elle jouera également le rôle de banque agent, assurant la gestion administrative et financière des capitaux mobilisés pendant toute la durée du projet.
Ce mandat confirme la montée en puissance de BGFI Cameroun dans le financement des projets structurants du pays, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. En accompagnant la SNH sur un projet de cette envergure, la filiale du groupe gabonais renforce son positionnement comme acteur bancaire de référence dans le financement de l’économie réelle en Afrique centrale.
Une raffinerie stratégique pour l’indépendance énergétique du Cameroun
Les travaux de construction de la raffinerie de Kribi ont été officiellement lancés le 17 juillet 2025, marquant le début d’un chantier d’envergure qui s’étend sur 250 hectares. Le contrat d’exécution a été attribué au consortium RCG Turnkey Solutions, en partenariat avec Global Process Systems (GPS) et Norinco International, deux acteurs expérimentés dans la conception d’infrastructures pétrolières complexes.
Le projet, d’un coût global estimé à 115 milliards de FCFA, prévoit la construction d’une unité de raffinage moderne, couplée à un terminal de stockage des produits finis (gasoil, essence, kérosène, Jet A1 et HFO) d’une capacité initiale comprise entre 250 000 et 300 000 m³.
La future raffinerie permettra au Cameroun de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers et de sécuriser son approvisionnement énergétique, dans un contexte régional où la demande en carburants croît rapidement.
Selon la SNH, le site de Kribi bénéficiera de synergies logistiques avec le port en eau profonde et la centrale à gaz voisine, facilitant l’exportation et la distribution des produits raffinés vers les marchés locaux et sous-régionaux.
BGFI au cœur du financement énergétique régional
Pour BGFI Cameroun, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large d’accompagnement du développement industriel et énergétique en Afrique centrale.
En orchestrant la mobilisation de 120 milliards FCFA, la banque démontre sa capacité à structurer des financements complexes, en partenariat avec des investisseurs publics et privés.
L’établissement, déjà actif dans le financement des infrastructures, de l’énergie et des télécoms, consolide ainsi son rôle d’intermédiaire clé entre les États, les opérateurs économiques et les marchés financiers.
Selon un analyste du secteur bancaire basé à Douala, « cette opération illustre la montée en gamme de BGFI Cameroun, qui s’impose désormais comme un partenaire stratégique de l’État dans le financement des projets à fort impact économique. Elle témoigne également de la solidité du groupe BGFI et de sa maîtrise des opérations transfrontalières dans la zone CEMAC ».
Un projet aux retombées économiques multiples
Le projet de raffinerie de Kribi représente un levier de création d’emplois et de valeur ajoutée locale. Plusieurs centaines de postes devraient être générés pendant la phase de construction, puis consolidés lors de l’exploitation.
Au-delà des emplois directs, la raffinerie contribuera à dynamiser les filières logistiques, de maintenance industrielle et de transport maritime dans la région du Sud.
À l’échelle nationale, l’impact macroéconomique est significatif : la production locale de carburants réduira la facture énergétique du pays, allégera la pression sur les réserves de change et améliorera la balance commerciale.
De plus, en substituant partiellement les importations, le Cameroun renforcera la résilience de son économie face aux fluctuations du marché pétrolier mondial.
Kribi, futur hub énergétique de l’Afrique centrale
Avec ce projet, Kribi consolide son rôle de pôle industriel et énergétique majeur du Cameroun.
Déjà hôte du port en eau profonde, de la centrale à gaz de Kribi et de plusieurs projets d’exportation, la cité côtière devient un carrefour stratégique pour les activités pétrolières et gazières du pays.
Le choix de cette zone par la SNH répond à une logique d’intégration industrielle et logistique, visant à créer des synergies entre le raffinage, le stockage et la distribution régionale des produits pétroliers.
Une ambition nationale soutenue par des partenaires africains
La participation de BGFI Cameroun et du consortium émirati Ariana/RCG traduit la volonté de la SNH de diversifier ses sources de financement et de partenariat, en combinant l’expertise locale et régionale avec les capacités financières internationales.
Cette approche mixte, mêlant capitaux africains et investisseurs étrangers, reflète une nouvelle génération de projets intégrés, capables d’allier souveraineté énergétique et ouverture économique.
Selon des observateurs du secteur pétrolier, la raffinerie de Kribi pourrait constituer « un modèle de coopération Sud-Sud réussie », portée par une ingénierie financière régionale et un pilotage stratégique local.
Avec ce mandat, BGFI Cameroun s’affirme non seulement comme un acteur clé du financement de la transition énergétique en Afrique centrale, mais aussi comme un partenaire de confiance pour les États désireux de transformer leurs ressources naturelles en leviers de développement industriel durable.
Patrick Tchounjo



