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Kribi s’impose : 35 milliards FCFA de recettes douanières dès janvier 2026

Le Port autonome de Kribi (PAK) commence 2026 comme on démarre une année que l’on veut conquérante : fort, vite, et avec des chiffres qui parlent à la fois aux logisticiens et aux financiers publics. Selon des données rendues publiques le 2 février 2026 à Kribi, 35 milliards de FCFA de recettes douanières ont été mobilisées sur le seul mois de janvier, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux au directeur général du PAK.

Derrière ce chiffre, il y a un signal budgétaire autant qu’un signal économique. Parce qu’au Cameroun, la douane reste l’un des poumons de la mobilisation des ressources. Et parce que Kribi, longtemps perçu comme “le port de demain”, est en train de s’installer, progressivement, comme un levier concret de performance fiscale.

Janvier à 35 milliards, un mois qui donne le ton de l’exercice 2026

Mobiliser 35 milliards en un mois, c’est d’abord un indicateur d’intensité des flux. Il faut des cargaisons, des volumes, des déclarations, des opérations qui tournent, et une chaîne de contrôle qui ne casse pas sous la pression. C’est aussi la traduction d’une attractivité logistique qui s’affirme au fil des années, à mesure que les capacités portuaires s’élargissent et que les opérateurs réorganisent leurs corridors d’import-export.

Kribi, dans ce schéma, ne joue plus un rôle périphérique. Il devient une pièce de plus en plus visible dans la mécanique des recettes publiques.

2025 : 350 milliards de FCFA sur l’année, la confirmation d’un nouveau centre de gravité douanier

Lors de la même séquence, le directeur général du PAK a également dressé le bilan de l’exercice précédent : 350 milliards de FCFA de recettes douanières auraient été générées sur l’ensemble de l’année 2025.

Ce niveau confirme une tendance déjà observée sur le terrain. Une publication de Cameroon Tribune évoque d’ailleurs que le secteur des douanes Sud II (Kribi) a dépassé les 350 milliards sur 2025, signe d’une dynamique robuste et d’un rebond durable des opérations sur la place portuaire.

À ce stade, l’enjeu n’est plus seulement d’annoncer une montée en puissance, mais de l’installer dans la durée, avec une meilleure fluidité des procédures, une compétitivité logistique maîtrisée et une capacité à absorber davantage de volumes sans dérèglement opérationnel.

Quand Kribi devient un enjeu budgétaire national

Ces performances prennent une dimension particulière dans le contexte des objectifs assignés à l’administration des douanes. Pour l’exercice 2026, le Cameroun vise une mobilisation de plus de 1 200 milliards de FCFA de recettes douanières, avec des prévisions qui ont notamment été présentées comme en hausse de 7,97 % par rapport à l’objectif 2025 estimé autour de 1 144 milliards.

Dans cette trajectoire, chaque pôle de collecte qui progresse devient stratégique. Kribi, avec un démarrage à 35 milliards dès janvier, s’affiche comme l’un des leviers capables de sécuriser la performance globale, surtout dans un environnement où les attentes budgétaires augmentent et où la moindre contre-performance se répercute immédiatement sur l’équilibre des finances publiques.

Un port, des recettes, et une transformation silencieuse du dispositif logistique

Ce que raconte Kribi, au fond, c’est une transformation silencieuse mais structurante. Le port n’est plus seulement une infrastructure. Il devient un outil de politique économique, un accélérateur de flux, un espace où se joue la compétitivité du Cameroun dans la sous-région, et un point d’entrée fiscal qui pèse de plus en plus lourd.

Patrick Tchounjo

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