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CAN 2025 : le staff camerounais est au Maroc, les joueurs attendus, le chantier démarre

La CAN 2025 se joue aussi avant le premier coup de sifflet. Ce samedi, le sélectionneur des Lions Indomptables, David Pagou, et son staff technique ont atterri à Casablanca pour lancer la première phase de préparation du Cameroun à la phase finale. L’arrivée de l’encadrement, avant le groupe des joueurs dont un premier contingent est annoncé pour le dimanche 14 décembre, marque l’entrée dans une période où tout se compresse : le temps, la logistique, la cohésion… et l’attente d’un pays.

Dans les faits, ce déplacement est plus qu’un simple voyage. C’est un acte de cadrage. Il installe une méthode, fixe un rythme et envoie un message interne : la compétition commence maintenant, dans la rigueur de l’organisation et la clarté des choix, avant même les schémas tactiques.

Casablanca, choix stratégique pour le premier acte

Le choix de Casablanca pour lancer le stage n’a rien d’anodin. La ville offre une infrastructure hôtelière solide, des terrains d’entraînement disponibles, une logistique maîtrisable et une atmosphère urbaine propice à un huis clos relatif, loin du tumulte immédiat. En s’installant dans un établissement haut de gamme du centre-ville, le Cameroun cherche aussi une forme de stabilité opérationnelle, essentielle dans une préparation courte où la moindre friction se paie en concentration perdue. Le site retenu, situé sur le boulevard d’Anfa, est au cœur d’un quartier central, ce qui facilite les déplacements et la sécurisation de la délégation.

Cette “base de départ” répond à un impératif classique des grandes compétitions : réduire l’imprévu. Quand les journées sont comptées, la performance se construit souvent sur la qualité des détails, sommeil, récupération, ponctualité, gestion des médias, et discipline de groupe.

Une préparation qui démarre sous le signe de l’urgence

L’arrivée du staff intervient dans un contexte particulier : le Cameroun aborde la CAN 2025 avec un encadrement réorganisé, installé dans une temporalité serrée, avec la pression de livrer vite une équipe cohérente. Les instances du football camerounais ont d’ailleurs officialisé début décembre l’entrée en fonction d’un nouveau staff appelé à conduire l’équipe sur la compétition.

Concrètement, cela signifie que la première semaine de stage ne peut pas être une simple mise en jambes. Elle doit servir à aligner le collectif sur une grille simple : principes de jeu, animation offensive, équilibre défensif, transitions, gestion des temps faibles, et surtout standards d’exigence. Plus la préparation est courte, plus l’équipe a besoin de repères clairs et répétables.

Un groupe relevé, une CAN qui ne pardonne pas les débuts ratés

Au Maroc, l’équation sportive est connue. Le Cameroun évoluera dans le groupe F et affrontera la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Mozambique au premier tour. Dans ce type de configuration, le démarrage compte double : il conditionne la confiance, la gestion de la pression et l’énergie du vestiaire. La CAN, par sa densité émotionnelle et son intensité, punit souvent les équipes qui mettent trop de temps à “entrer” dans leur tournoi.

À cela s’ajoute le cadre global de la compétition, organisée au Maroc sur une période qui s’étend de fin décembre à mi-janvier, un calendrier exigeant où la récupération et la profondeur d’effectif deviennent décisives.

Le vrai enjeu de Casablanca : créer de la cohésion avant la tactique

Ce que le stage de Casablanca doit produire, au fond, tient en une phrase : une équipe qui se comprend vite. La cohésion ne se décrète pas au tableau. Elle se construit par des routines, une communication simple, des rôles lisibles et une hiérarchie apaisée. Dans un contexte où le Cameroun arrive avec une attente populaire forte, l’encadrement devra aussi verrouiller un point souvent sous-estimé : le mental collectif, c’est-à-dire la capacité à rester calme, même quand la pression monte.

Casablanca devient donc une rampe de lancement. Un lieu où l’on cadre l’essentiel, où l’on fixe les règles internes, où l’on installe les automatismes, avant que la compétition n’impose sa brutalité.

La question, désormais, est ouverte : ce premier camp au Maroc permettra-t-il aux Lions Indomptables de gagner ce que la CAN exige toujours en premier, la stabilité et l’unité, avant même le talent ?

Patrick Tchounjo

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