Calixthe Beyala : “Le plus vieux président du monde utilise des méthodes de la Gestapo pour passer en force”

Une sortie littéraire et politique au ton tranchant
L’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala a vivement réagi à la situation politique du Cameroun après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Dans une déclaration relayée sur ses plateformes officielles, la romancière a dénoncé ce qu’elle qualifie de “méthodes de la Gestapo” utilisées par le pouvoir en place à la suite du scrutin.
Selon l’auteure, connue pour son franc-parler et ses engagements publics, les arrestations opérées ces derniers jours témoignent d’une dérive autoritaire qui “piétine les libertés et cherche à intimider la société civile”.
“Un pouvoir à bout de souffle”
Calixthe Beyala estime que le chef de l’État camerounais, Paul Biya, « le plus vieux président du monde », s’accroche au pouvoir en multipliant les mesures répressives. L’écrivaine, qui avait déjà pris position sur plusieurs sujets politiques, affirme que la crise post-électorale actuelle révèle « une peur du changement » et « une incapacité du régime à entendre le peuple ».
Pour elle, les institutions devraient « rétablir la vérité des urnes et garantir les droits fondamentaux », faute de quoi, dit-elle, “le Cameroun risque de s’enfoncer dans un cycle dangereux de répression et de défiance”.
Entre engagement citoyen et dénonciation morale
Cette sortie s’inscrit dans la continuité du combat intellectuel de Calixthe Beyala pour une Afrique politique plus éthique et démocratique. Lauréate de plusieurs prix littéraires internationaux, l’auteure de C’est le soleil qui m’a brûlée et Maman a un amant s’impose une fois de plus comme une voix dissidente dans le débat national.
Ses propos, largement commentés sur les réseaux sociaux, divisent. Certains saluent le courage d’une écrivaine patriote qui ose dire ce que beaucoup pensent tout bas, d’autres jugent ses mots excessifs et dangereux pour la stabilité du pays.
Une parole qui bouscule
Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations post-électorales, des interpellations et des appels au calme lancés par le gouvernement. Les propos de Calixthe Beyala ajoutent une dimension symbolique à ce climat, celle d’une intellectuelle engagée qui appelle à une introspection collective sur la gouvernance, la justice et le rapport au pouvoir.
Patrick Tchounjo



