Economie

Restauration des sites miniers : l’État et la Sonamines en mission d’évaluation à l’Est et dans l’Adamaoua

La restauration environnementale des sites miniers entre dans une nouvelle phase au Cameroun. Une mission conjointe composée du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) et de la Société nationale des mines (Sonamines) sillonne depuis quelques jours les régions de l’Est et de l’Adamaoua.

Objectif : vérifier la conformité des exploitants miniers aux exigences légales et évaluer la mise en œuvre des plans de restauration et de réhabilitation des sites après exploitation. Cette mission s’inscrit dans le cadre du renforcement du contrôle environnemental du secteur minier, où la dégradation des sols, la pollution des eaux et la déforestation sont devenues des préoccupations majeures.

Une démarche de responsabilité environnementale

Selon le Minmidt, cette opération vise à s’assurer que les sociétés d’exploitation artisanale semi-mécanisée respectent les clauses environnementales prévues dans leurs permis. Il s’agit notamment de la remise en état des sols, de la gestion des eaux de ruissellement, du reboisement des zones exploitées et de la prévention des risques sanitaires pour les communautés riveraines.

Les équipes d’inspection entendent également dresser un état des lieux complet sur la prise en compte des exigences environnementales et sociales par les exploitants, souvent critiqués pour leur faible respect des normes. Des recommandations seront formulées à l’issue de la mission, en vue d’une meilleure gouvernance environnementale du secteur minier camerounais.

Vers un modèle minier durable

Pour la Sonamines, partenaire stratégique de l’État, cette mission s’inscrit dans la vision d’un modèle d’exploitation minière durable et responsable, conciliant développement économique et préservation des écosystèmes. L’entreprise publique plaide pour une intégration systématique des plans de restauration dès la phase de prospection, ainsi qu’un suivi régulier des sites abandonnés ou non réhabilités.

Les régions de l’Est et de l’Adamaoua, principales zones d’exploitation aurifère et minière du pays, concentrent à elles seules les plus forts enjeux en matière de restauration des terres dégradées. Le succès de cette mission pourrait ainsi servir de référence nationale pour l’ensemble du secteur extractif.

Au-delà du contrôle, c’est un message politique fort : le Cameroun veut concilier croissance minière et responsabilité environnementale, en veillant à ce que chaque entreprise laisse un territoire vivable derrière elle.

Patrick Tchounjo

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