Infrastructures

Cameroun – Internet : nouvel incident sur la fibre sous-marine, trafic dégradé depuis le 23 octobre

Depuis le 23 octobre 2025, la connectivité au Cameroun est fortement perturbée à la suite d’un incident sur un câble sous-marin international, l’une des principales artères qui acheminent l’Internet vers le pays. Les opérateurs ont basculé une partie du trafic vers des routes de secours, mais la capacité de repli demeure insuffisante aux heures de pointe, d’où des lenteurs marquées sur la navigation, la visioconférence et certains services financiers en ligne.

Ce choc technique intervient alors que le réseau connaissait déjà des tensions liées au contexte national. Autrement dit, la dégradation actuelle du service résulte à la fois d’un aléa d’infrastructure et d’un facteur de contexte qui accentue la congestion.

Le Cameroun dispose de plusieurs points d’atterrage sous-marins qui complètent ses autres sorties internationales. Lorsque l’un d’eux subit un incident, le trafic est redirigé vers d’autres systèmes et liaisons terrestres, mais la bande passante disponible se contracte, ce qui dégrade la qualité de service jusqu’au rétablissement. L’importance de ces câbles pour l’Afrique centrale explique l’ampleur des effets ressentis lors des pannes régionales documentées ces dernières années.

À court terme, les entreprises les plus exposées sont celles dont les applications critiques (ERP, CRM, paiements, entrepôts de données) sont hébergées hors de la sous-région. Les directions informatiques ont intérêt à prioriser la qualité de service vers ces flux, à reprogrammer les transferts lourds en heures creuses, à activer le caching/CDN pour les contenus statiques et, si possible, à déplacer temporairement certaines charges vers des régions cloud africaines moins touchées. Côté opérateurs, l’enjeu est de maintenir un routage de secours stable et d’informer les clients des fenêtres de congestion attendues tant que la capacité internationale reste contrainte.

À moyen terme, cet épisode remet en avant la nécessité de diversifier les points d’atterrage et les routes (multiplication des sorties internationales et des accords de transit), de renforcer l’hébergement local pour raccourcir les routes vers les contenus les plus consommés, et d’améliorer la coordination opérationnelle pour accélérer les réparations en mer et le retour à la normale. Les incidents multi-câbles vécus dans la région ont montré que les délais de réparation peuvent s’étirer sur plusieurs semaines et qu’une véritable redondance structurelle est indispensable pour stabiliser l’économie numérique.

Patrick Tchounjo

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