Agriculture durable : le Cameroun veut transformer ses filières vivrières pour nourrir le marché intérieur et exporter

Le Cameroun avance à grands pas vers une transformation structurelle de son secteur agricole. Longtemps dépendant de l’importation pour certains produits de base, le pays ambitionne désormais de devenir autosuffisant et exportateur grâce à une stratégie axée sur la modernisation des filières vivrières.
Sous la coordination du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, plusieurs programmes ont été lancés pour améliorer la productivité, soutenir la mécanisation et encourager la transformation locale du maïs, du riz, du manioc et du plantain. Ces cultures constituent l’épine dorsale de l’alimentation nationale, mais aussi un moteur potentiel d’exportation vers les marchés de la sous-région.
L’un des piliers de cette réforme repose sur la promotion de l’agriculture durable : utilisation de semences améliorées, irrigation solaire, compost naturel et réduction des pertes post-récolte. En parallèle, l’État mise sur les coopératives agricoles pour renforcer la mutualisation des moyens et faciliter l’accès au crédit.
Les objectifs à l’horizon 2030 sont ambitieux : augmenter de 60 % la production vivrière, créer plus de 250 000 emplois ruraux et réduire de manière significative les importations alimentaires.
Pour les experts, cette approche marque un tournant. Le Cameroun, grâce à ses terres fertiles et à son climat favorable, peut devenir un pôle agro-industriel majeur en Afrique centrale. Il ne s’agit plus seulement de produire, mais de transformer localement, afin de capter davantage de valeur ajoutée.
Cette transition agricole, fondée sur la durabilité et l’innovation, illustre la volonté du pays de concilier souveraineté alimentaire, croissance économique et respect de l’environnement.
Patrick Tchounjo



