Quand Tokyo s’intéresse à Yaoundé : une coopération sino‑nippone en herbe
Le voyage du ministre japonais des Affaires étrangères prépare le sommet TICAD 9 et cible les jeunes et les femmes africaines.
Fin juin 2025, Miyaji Takuma, ministre délégué des Affaires étrangères du Japon, a effectué une visite officielle au Cameroun dans le cadre d’une tournée en Afrique occidentale. À Yaoundé, il a rencontré le ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, le Premier ministre Joseph Dion Ngute et le ministre délégué chargé des relations avec le Commonwealth, Félix Mbayo. L’émissaire nippon a présenté les grandes lignes de TICAD 9, le sommet Japon‑Afrique qui se tiendra à Yokohama en août 2025, en mettant l’accent sur la croissance durable portée par le secteur privé, la promotion des femmes et des jeunes ainsi que l’intégration régionale.
Les discussions ont également abordé des sujets globaux tels que la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, la situation sécuritaire en Afrique et les défis liés au nucléaire nord‑coréen. Les dirigeants camerounais ont salué l’initiative japonaise et espéré renforcer la coopération dans les infrastructures et l’éducation. Cette visite intervient au moment où Yaoundé multiplie les partenariats asiatiques : coopération économique avec Pékin, importation de panneaux solaires chinois et, désormais, rapprochement avec Tokyo.
Pour les observateurs, la présence japonaise vise à contrer l’influence grandissante de la Chine et à offrir aux pays africains des alternatives technologiques et financières. En évoquant la prochaine Expo 2025 Osaka – Kansai, Tokyo invite le Cameroun à se projeter vers une économie du savoir. Reste à voir si ces ambitions se traduiront par des projets concrets et s’intégreront dans la stratégie nationale d’industrialisation.
Jackson O



